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Publié par BALCHOY

 

 

 

Je vous avouerai d’abord que j’ai vécu ce conclave avec appréhension.

Car je me rappelaisl’élection du Cardinal Ratzinger, celui que à tort ou à raison j’appelais le « Grand Inquisiteur » en pensant à la Légende des Frères Karamazov de Dostoïevski et aux grands théologiens que j’aimais et admirais auxquels il avait trop souvent interdit de continuer à enseigner la Foi.

Ce nouveau Pape allemand, un peu raide et rigide, surtout comparé à son prédécesseur, très communicatif certes mais  dont l’anticommunisme primaire tant à l’est qu’en Amérique latine m’a personnellement déplu, m’a paru plus ouvert comme Pape que comme théologien qu’il n’a pourtant cessé d’être.

Comme la foule assemblée sur la place Saint Pierre, le nom de ce nouveau successeur de Pierre, qui ne me disait rien, qui ne figurait pas dans la liste des « papabile » m’a laissé perplexe. Je me suis dit d’abord : « Tiens, ils ont choisi un cardinal italien, moins connu ».

Quand je compris enfin, que pour la première fois depuis l’Antiquité chrétienne, l’Eglise était présidée par un non européen, venu de surcroit de cette Amérique latine que j’affectionne depuis mon enfance, ce fut  tout simplement un moment de joie.

Enfin il apparut au balcon, grand, mince, un peu, c’est vrai, de loin, l’allure de Pie XII mais tellement différent du Pape de mon enfance par la simplicité avec laquelle il se présenta en italien devant le peuple de son nouveau diocèse. Celui-ci, qui, comme moi, était resté une longue minute silencieux et interloqué à l’annonce de son nom, éclata de joie devant son nouveau pasteur qui l’accueillait d’un « buona sera » tellement familier.

Quand, très vite, nous avons appris qu’il avait choisi de s’appeler « François », le Poverello d’Assisse, tout en appartenant à la compagnie de Jésus , en d'autres mots, jésuite, j’ai laissé tomber ma peur.

Depuis, le pape François a accentué son choix de François Bernadone d’Assise en réclamant une église pauvre et vivant pour les pauvres c’est-à-dire plus évangélique.

Pour bien montrer au peuple romain, dont il est d’abord l’évêque, lui, le fils d’immigrés italiens, continue à lui parler dans sa langue toujours avec la même simplicité qui me rappelle un tout petit peu le bon Pape Jean qui, pape, disait-on, de transition, fit tant pour réveiller son Eglise par le Concile de Vatican II.

Bien entendu, les média ont directement scruté dans ses moindres détails la vie de ce cardinal venu de si loin. Ils nous ont appris les « fioretti »  ( petites fleurs :  récits populaires de la vie de François d'Assise) de ce nouveau François, qui se déplace en métro, vit dans un appartement normal et n’a pas hésité à rejoindre, pour le défendre,  un de ses confrères menacé par la mafia.

On nous a également rappelé que dans le domaine de l’éthique, l’archevêque de Buenos aires, à l’instar de Benoit XVI, était intraitable face aux exigences sociales nouvelles de la société civile concernant la préférence sexuelle ou les conditions de la fin de vie aujourd’hui.

Bien que ne partageant nullement ce refus ecclésial, je ne condamnerai pas d’avance ce nouveau responsable chrétien qui ne fait que répéter la Tradition millénaire de son église et d’ailleurs de quasi toutes les religions.

Une chose est d’exprimer des exigences de communion au sein d’une Eglise à laquelle on veut participer, tout autre chose serait d’imposer à ceux qui n’en font pas partie d’adhérer à la totalité de l’enseignement des fidèles. Je ne vois pas pourquoi un  esprit laïc, non chrétien, serait tenu, pour ces grands problèmes de société, de se soumettre au magistère de Rome.

Personnellement d’ailleurs, en tant que citoyen de la société civile, que je suis aussi, tout en me sentant disciple de Jésus de Nazareth et admirateur de François d’Assise, je suis sensible aux appels de mes frères homosexuels et aux désirs d’hommes et de femmes qui pour des raisons sérieuses souhaitent terminer leur vie dignement en choisissant parfois le moment de mourir.

Tant que François parlera à ce propos en tant que responsable d’une Eglise particulière, même si elle se dit Catholique,  je ne le condamnerai pas, en espérant cependant qu’avec le temps et l’action de l’Esprit Saint, qui est plus grand que toutes nos églises, le jour viendra où même dans l’Eglise catholique, les femmes seront reconnues comme filles de Dieu à part entière et dignes du sacerdoce, les homosexuels comme une variante légitime de notre humanité aussi respectable que les autres et l’euthanasie comme un choix admissible s’il est, comme tout acte humain, inspiré par l’amour.

J’attends donc du nouveau Pape non qu’il cède, pour être à la mode, à ces nouvelles requêtes d’une partie de l’humanité mais qu’il reste fraternel et compréhensif face aux hommes et aux femmes de bonne volonté partout sur la terre. C’est un peu ce qu’il m’a semblé être dans ses premiers pas, comme successeur de Pierre,  et j’en suis heureux

.

La vérité historique a toujours ses droits. Je peux comprendre aussi ceux qui scrutent le passé du cardinal de l’Argentine surtout dans le cadre de cette terrible junte militaire qui, en se disant soi-disant chrétienne, a persécuté autrefois  le peuple argentin. Le jeune                ( 35 ans) supérieur de Jésuites n’aurait pas, selon certains, fait partie des héros qui ont résisté, jusqu’à la mort parfois, à ces cruels militaires. Les avis, de ceux qui ont vécu et souffert de cet abominable régime, ne sont pas concordants. Jusqu’à preuve du contraire, je me refuse à condamner par principe, son attitude en ces temps difficile.

 

Je regrette en tout cas son opposition comme celle de Jean-Paul II à la théologie de la libération

Je rappellerai seulement, sans tracer aucun parallélisme, que Saint Pierre, qui fut un témoin extraordinaire, jusqu’au martyre, du Christ à Rome comme premier Pape, a un jour renié par trois fois son Maître, qui lui a pourtant ensuite réitéré sa confiance.

Le pape François, quel que fut son passé, doit être jugé aujourd’hui sur son attitude présente face au Christ et aux hommes.

Faisons-lui confiance, comme pasteur d’une peut-être nouvelle Eglise, plus proche du peuple des hommes qui est aussi celui de Dieu en le jugeant non  seulement sur son passé mais surtout sur ses actes présents qui me semblent aujourd’hui dignes d’Esperance.

 

yvanbalchoy13@gmail.com

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