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Publié par BALCHOY

 

Ce soir en lisant le soir et ses propos à propos de la guerre civile sanglante qui a lieu en Syrie, je ne peux m'empêcher de m'étonner qu'on ne nous donne pratiquement toujours qu'un seul écho du conflit, celui des rebelles.

 

Quand des journalistes sont présentés sur une chaîne de télévision, ce ne sont dans plus de 90 cas sur 100 eux aussi que des combattants hostiles au régime Assad.

 

De l'avis général l'opinion des Syriens est divisé et beaucoup reconnaissent qu'une moitié ou un peu moins qu'une moitié de la population appuie plutôt le régime en place. Pourquoi ces millions de Syriens qui pensent autrement que nos gouvernements, n'ont-ils aucun droit de s'exprimer vraiment sur nos médias.

 

Je me demande aussi si cette apparente unanimité de notre presse et des chaines télévisées est vraiment un acte spontané de liberté devant la gravité, que je condamne aussi, des bombardements de la population civile par le gouvernement en place à Damas.  N'y aurait-il pas, d'une façon cachée, une sorte de pression morale qui pousse nos journalistes à exercer très différemment leur esprit critique quand il s'agit de crimes liés aux milices d'Assad ou bien quand les crimes sont le fait des rebelles. C'est vrai que j'ai vu tout récemment des personnes assassinées par les rebelles jetées des toits d'un immeuble et cette attitude criminelle a été condamnée par quelques organisations internationales. Mais le fait est assez rare pour qu'on s'interroge sur une certaine non pas neutralité (on n'a pas à être neutre vis à vis de crimes) mais objectivité de nos medias.

 

 

Autre exemple/ ce soir sur une chaîne périphérique discussion à propos des derniers projets du gouvernement socialiste.  Parmi les journalistes retenus par RTL en l'occurrence, un vient du Figaro, un économiste sans étiquette politique affichée, Elisabeth Levy, aussi excessive que d'habitude pour condamner tout ce qui de près ou de loin touche à la gauche.  Peut-être à tort, je n'ai pas eu l'impression que figurait parmi les participants un représentant défenseur de la gauche.  Je reviens à cette article de Lénine qui disait déjà que la liberté de la presse quand la Presse est possédée, noyautée par les représentants du grand capital est un jeu de tromperie. C'est en tout cas, l'impression désagréable que j'ai retiré de cet échange où presque tous étaient du côté de l'accusation.

 

Pourquoi le Figaro, qui est certes un journal bien écrit - il est assez riche pour se payer des journalistes habiles est presque toujours présent dans les différents débats qu'on nous propose alors qu'il représente la droite la plus rétrograde et la plus injuste qui soit.

 

Oui l'argent joue un rôle capital et déterminant dans la manière dont l'information nous est distillée et même un journal comme LIBERATION a bien la laisse quelque peu débridée là où ses seigneurs le veulent bien mais c'est une liberté surveillée, bridée.

 

Je ne veuxc pas dire qu'il nous faudrait une PRAVDA, étouffant les autres courants de presse, mais il n'est pas sain qu'une presse vraiment engagée à gauche ait tant de peine à subsister faute par exemple de profiter d'une publicité qui elle n'est pas du tout neutre dans l'arène politique.

 

Voilà pourquoi, je lis nos quotidiens, j'écoute nos journaux télévisés avec des lunettes de redressement qui sont presque toujours nécessaires et je vous engage à garder votre esprit critique.

 

Je reviens à la Syrie, l'ONU a publié des mises en garde sévères certes et à juste titre pour la manière dont le pouvoir d'Assad traite son propre peuple, mais les critiques des observateurs de l'ONU concernant la non respect des civils également par les rebelles est presque toujours présenté à la fin en très raccourci quand il n'est pas purement et simplement écarté.

 

Ce n'est pas là une information objective comme nous en avons tous besoin pour nous faire une idée la plus juste possible d'un conflit inhumain. Je ne souhaite pas que ce qui s'est passé en Libye avec la complicité des français et des anglais entre autres, un véritable coup d'état international, la légitimation des nouveau leaders d'un pays non pas ses propres citoyens mais par des puissances dont le force de conviction était directement  proportionnelle à la puissance de bombes. Il ne fait pas oublier qu'en Libye à ce jour le nombre de morts dont de nombreux civils est presque deux fois supérieur aux morts de Syrie.

 

La presse ne nous le rappelle pas souvent !

 

P.S. relire éventuellement en ce blog l'article : "Lenine et la liberté de la presse".

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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Alain 23/08/2012 10:12


En France, il n'existe plus qu'un seul quotidien national vraiment à gauche: "l'Humanité", fondée par Jaurès et qui n'est plus le simple "organe
central du Parti communiste français" qu'il était auparavant. Son contenu est moins "volumineux" que les autres journaux, mais la qualité est là. Il est malheureusement en grande difficulté
financière, correspondant évidemment à la grande difficulté politique que traverse actuellement
la vraie gauche en France.