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Publié par BALCHOY

 

 

Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église

Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux

Vers le chœur ruisselant d'orrie et la maîtrise

Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;

 

Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire,

Heureux, humiliés comme des chiens battus,

Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire,

Tendent leurs oremus risibles et têtus.

 

Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses,

Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir !

Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses,

Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir.

 

Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,

Une prière aux yeux et ne priant jamais,

Regardent parader mauvaisement un groupe

De gamines avec leurs chapeaux déformés.

 

Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote :

C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !

 

 

Arthur Rimbaud

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

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