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Publié par BALCHOY

 

Hier soir, ayant loupé un train, j’ai du patienter une petite heure à la gigantesque salle des guichets de la gare du Midi.

 

Assez rapidement, mon attention a été attirée par deux membres du service de sécurité, habillés un peu comme les policiers équestres du Canada (sans le cheval heureusement) qui s’en prenaient à un sans abri couché à même le sol accompagné d’une bouteille de vin bien plus vide sans doute que lui.

 

Au pied d’une colonne un peu écartée du public, l’homme ne gênait guère le public et il était calme.  Les deux cowboys, un homme et une femme lui enjoignent avec une autorité à la limite de la brutalité de quitter la gare. Mais l’homme couché au pied des deux sécuritaires n’y arrive pas.  Trois fois, il tente de se redresser et retombe lourdement. C’est que non seulement il est en état d’ébriété mais il a aussi son âge et je sais par expérience combien c’est parfois difficile de se relever à partir du sol.

 

Croyez-vous que les deux para-policiers allaient lui tendre la main pour l’aider. Nenni, ils ne voulaient pas sans doute se salir. Ils se contentèrent d’être encore plus menaçants vis-à-vis du pauvre homme qui au quatrième ou cinquième essai réussit péniblement à se hisser sur ses genoux d’abord puis à se relever et, preuve qu’il avait encore son sentiment de dignité, laissant de côté les deux sbires, il se dirigea vers les sièges rouges situés en plein milieu de la salle pour les voyageurs en attente de train et s’y assit conscient de ce qu’il estimait son droit de s’assoir là comme tout le monde.

 

Cela ne fut bien sûr du goût de nos cowboys qui vinrent le prier de déguerpir. Il tenta bien  de résister s’estimant dans son droit, mais devant la menace d’appeler la police, la vraie, celle qui a des révolvers aux hanches et pas des housse de GSM un peu dessinées comme une arme, il finit par se lever et fut conduit manu militari vers la rue par les deux agents de sécurité fièrs d’avoir accompli leur sale mission.


Après ce spectacle, que pour ma part, je trouve tout de même écœurant par la brutalité orale et un peu physique des deux gardes face à une victime de notre civilisation en tort certes mais qui méritait toutefois un minimum de  respect dans l’éloignement qui lui était imposé.

 

Je regrette pour ma part de ne pas avoir eu le courage d’aller au devant de ce monsieur qui tentait vainement de se lever devant deux grands gringalets qui aboyaient au lieu de lui tendre la main.

 

Nos si  "chers" présidents des trois ou quatre sociétés qui ont succédé à la SNCB unitaire (et qui risquent de devenir aussi nombreux que nos ministre si on scinde la SNCB) viennent de s’augmenter plantureusement malgré les retards scandaleux de notre service public. Ils ont eu l’outrecuidance au lieu de favoriser les voyageurs commandant par internet de scandaleusement augmenter  le prix des voyages internationaux au guichet.

 

Je leur  demande que particulièrement en hiver les mesures parfois nécessaires d’éloignement de certains malheureux  soient accomplies avec un minimum de respect et que personne ne soit obligé de risquer sa vie au dehors même au nom de l’Ordre qui doit exister dans les gares. Ils n’ont qu’à renoncer à une part infime de leur super et, à mes yeux, scandaleux revenus pour que des abris chauffés soient à la disposition de ces hommes certes pauvres et malheureux mais aussi humains et respectables qu’eux.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

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