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Publié par BALCHOY

A L'INDEPENDANT. A partir des voies ouvertes par Marx, une politique d'émancipation humaine.

 

La question semble absurde à la lumière de l’affreux massacre de civils palestiniens perpétré par Israël au cours des derniers mois. L’histoire de l’Etat d’Israël depuis sa fondation, de même que le projet colonial sioniste sponsorisé par les Britanniques au début du 20ème siècle, n’est-elle pas essentiellement celle de l’expropriation forcée du peuple palestinien de sa terre – ce que l’historien israélien Ilan Pappe a appelé « le nettoyage ethnique de la Palestine » ? La réponse, bien sûr, est un « oui » sans équivoque. Mais considérons attentivement la question posée au début de cet article. Elle ne dit pas : « le sionisme » ou « les sionistes ». C’est de là qu’il faut partir. Les Juifs ne sont pas obligatoirement sionistes. Avant la Deuxième Guerre mondiale, la majorité d’entre eux ne l’étaient pas – et cela vaut pour les Juifs européens aussi bien que pour ceux du Moyen-Orient. Les Juifs européens peuvent être fiers de leur contribution à la culture européenne et mondiale. Qu’il suffise de nommer Spinoza, Marx, Einstein, Freud, ou d’étudier la contribution des Juifs à l’art, la médecine, la science et l’éducation - pour ne pas parler de leur rôle dans le mouvement ouvrier, le syndicalisme et le socialisme révolutionnaire. Dans la Russie pré-révolutionnaire, là où les sionistes ont développé leur projet de conquête de la Palestine, ils étaient minoritaires. Il est exact que les Juifs étaient victimes d’odieux pogroms, suscités par les tsars de Russie, déterminés à sauver leur empire aux abois. Mais c’était le Bund Socialiste Juif, et non les sionistes, qui avait la majorité parmi les travailleurs juifs. Le Bund était résolument opposé au sionisme, l’identifiant comme un piège colonialiste. Ils attaquaient également les sionistes qui collaboraient avec leurs bourreaux en admettant qu’il y avait « trop de Juifs » dans l’empire russe. Le Bund répétait avec insistance que la seule voie de l’émancipation des Juifs passait par l’alliance avec les non-Juifs dans le mouvement révolutionnaire montant. Lorsque les bolcheviks prirent le pouvoir, même le dirigeant sioniste Ben Gourion fut forcé d’admettre que Lénine et les bolcheviks avaient combattu sans compromis l’antisémitisme. En d’autres termes, en Europe aussi bien qu’au Moyen-Orient, il y a une histoire juive très différente de la version sioniste, et elle prend comme point de départ la coopération avec les non-Juifs. Cette tradition doit aussi être redécouverte parmi les colons européens qui se proclament sionistes dans la terre de Palestine. C’est une tradition qui, par définition, ne peut tolérer le racisme institutionnel et l’élitisme violent qui sont à la base de l’Etat sioniste. C’est la raison pour laquelle la solution « à deux Etats » a toujours été impossible. Même ceux des dirigeants sionistes qui étaient plus ou moins prêts à accepter un Etat palestinien tronqué ont toujours refusé de reconnaître le droit au retour des réfugiés de 1948 – une demande clé pour tout accord de paix viable. Ce qui signifie qu’un Etat juif élitiste, sous une forme ou sous une autre, devait être préservé. De toutes façons, les gouvernements israéliens ont manifesté les uns après les autres leur manque total d’intérêt pour toute forme d’Etat palestinien. Israël refuse même de discuter du partage de Jérusalem. L’apartheid Les sionistes insistent sur le point que Jérusalem doit être la capitale juive d’un Etat juif. Mais même en Cisjordanie l’occupation israélienne dure depuis si longtemps et a accaparé tellement de terres qu’un Etat palestinien ressemblerait davantage à une réserve d’indigènes américains qu’à quoi que ce soit d’autre. Même le secrétaire d’Etat américain John Kerry, autorisant la mise à l’essai d’une solution à deux Etats, avertissait que sans un minimum de concessions cela deviendrait un Etat d’ « apartheid ». Il présenta ensuite des excuses, lamentablement. Mais l’appellation est restée pour nous rappeler la lutte de la majorité noire en Afrique du Sud contre le régime d’apartheid. Cette lutte a finalement eu pour issue un gouvernement de la majorité noire. Tôt ou tard l’Autorité palestinienne, qui a quelques pouvoirs symboliques, devra reconnaître que la solution des deux Etats est morte. Si elle ne le fait pas, elle sera balayée par une nouvelle génération d’activistes palestiniens qui exigeront des droits égaux dans un Etat palestinien unique. Cette vision peut être fondée sur la revendication du droit de vote pour tous, qui comporte tous les Israéliens, les Palestiniens de la bande de Gaza, la Cisjordanie dans les frontières d’avant 1948 et les millions de réfugiés dispersés au Moyen-Orient et ailleurs. En d’autres termes, les droits démocratiques élémentaires pour lesquels les Juifs d’Europe se sont battus si courageusement et qu’ils ont ont protégés avec tant d’enthousiasme pourraient finalement arriver en Palestine – remettant à l’honneur une tradition juive européenne de coopération avec les non-Juifs que le sionisme a tout fait pour détruire. 

 

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Article source:http://rogergaraudy.blogspot.fr/2014/11/arabes-et-juifs-vivre-ensemble.html

 

 

P.S. Pour ma part, dans la mesure bien sûr, ou arabes et juifs s'entendent  sur ce sujet dans le respect de leur identité et de leur égalité, je pense à un état unique,  sur base de trois régions, une juive, une palestinienne et Jérusalem, trols communautés une palestinienne, une juive et une chrétienne. Jérusalem serait la capitale unifiée de ce nouvel Etat où les institutions devraient assurer à chacune des régions et communautés juive et arabe un respect égal au sein de l'Etat fédéral, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui. (Y.B.)

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

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