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Publié par BALCHOY

En fin de compte, se demande D. Bonhoeffer, le Christ peut-il devenir le seigneur des irréligieux ?  Barth a été trop timide. Aussi son "positivisme" de la Révélation l'a-t-il conduit à une certaine restauration de la religion.

Il n'a pas répondu aux questions essentielles : que peuvent bien signifier une Eglise, une paroisse, une prédication, une liturgie, une vie chrétienne  dans un monde sans religion ?... Comment former une Eglise sans nous considérer comme des privilégiés au plan spirituel, mais pluttô comme appartenant pleinement au monde ? 

Alors le Christ ne sera plus l'objet de la religion mais le Seigneur du monde.

Si Bonhoeffer est si méfiant vis à vis de la religion, c'est que, à son avis, l'acte religieux est toujours partiel, limité, tandis que la Foi est un acte engageant toute la vie.
Le religieux oriente l'homme vers un au-delà, la Foi le renvoie à la vie dans le monde.
Le théologien allemand récuse comme "religieux" autant le christianisme "libéral", qui évacue l'enfant avec l'eau du bain, que cette autre forme de fuite du monde que constitue le "piétisme", même celui de Barth. Vain pareillement, le désir de retourner à la chrétienté médiévale.

Le développement de la science dénonce le danger, commun à toutes les religions, d'utiliser dans notre connaissance imparfaite, Dieu comme bouche-trou ;  car lorsque les limites de la connaissance reculent, ce qui arrive nécessairement,  Dieu est aussi repoussé sur une ligne de retraite continue (page 142).

Bonhoeffer s'en prend avec vigueur aussi bien aux directeurs spirituels qui s'efforcent de retenir Dieu au niveau personnel le plus intime (de la prière à la sexualité) qu'aux apologètes qui tentent de démontrer la valeur du Christianisme à partir des questions humaines insolubles.

     -"Les discussion sur les limites humaines me sont devenues suspectes ; la mort elle-même que les hommes ne craignent plus guère, et le péché qu'ils ne comprennent plus, sont-ils encore de véritables limites . Il me semble toujours que nous voulons par là ménager timidement une place à Dieu ; j'aimerais parler de notre Dieu, non aux limites, mais au centre, non dans la faiblesse mais aussi dans la force, non à propos de la mort et de la faute, mais dans la vie et la bonté de l'homme." (page 123)

Bonhoeffer en veut tout particulièrement à ceux qui par la philosophie existentielle ou la psychothérapie s'efforcent de convaincre l'homme qu'il est nécessairement malheureux.

     -"Si on ne parvient pas à amener l'homme à considérer son bonheur comme un malheur, sa santé comme une maladie, sa force vitale comme le désespoir, alors les théologiens sont au bout de leurs ressources ; ils se trouvent devant un pécheur endurci de nature particulièrement méchante, ou alors devant une existence "bourgeoisement saturée."


       
(à suivre)



Yvan Balchoy
yvanbalchoy13@gmail.com
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