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Publié par BALCHOY

RENONCEMENT A DIEU OU A L'ABSOLU

Beaucoup de nos contemporains sont non seulement acquis à la sécularisation, mais décidés ou résignés à vivre sans Dieu. A leurs yeux, les vérités religieuses s'apparentent aux contes de fée.

Il n'existe pas de solution "révélée" ou "sacrée". Chacun doit laborieusement forger son destin et en découvrir le sens. L'important, c'est l'humain.


Ce travailleur, qui aspire à une augmentation de salaire, cherche à bien élever les siens, souffre du manque de fraternité entre les hommes, s'il a du coeur, est prêt à payer de sa personne pour la réaliser autour de lui autant que possible. En revanche les causes explicatives du monde ou du mal ne le passionnent guère.

Beaucoup de chrétiens perdent ainsi peu à peu la foi de leur enfance en découvrant tout à la fois la densité de l'humain et le peu de consistance de leur religion. L'image du Dieu providence, que tant de psychologues et d'ethnologues relient à des civilisations agraires périmées, ne fait pas le poids devant la puissance extraordinaire que l'homme se confère par la technique.

Le croyant essaye bien parfois de se persuader que Dieu agit par lui, mais bientôt il se passe d'un Créateur si silencieux. Sa foi religieuse le concerne toujours moins dans sa vie quotidienne. Les dogmes qui ont ont composé l'univers de son enfance peuvent ainsi s'écrouler les uns après les autres lorsqu'il approfondit les valeurs profanes.

Reste l'expérience humaine à vivre avec ses frères. Ce cheminement vers l'agnosticisme ou l'athéisme est fréquent aujourd'hui.


(à suivre)


Yvan Balchoy
yvanbalchoy13@gmail.com
http://poeteaction.ultim-blog.com


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Michel THYS 08/03/2010 14:15



Bonjour Monsieur BALCHOY,
Ancien croyant (protestant) jusqu'à 21 ans (j'en ai 71), j'ai lu vos deux articles avec intérêt. Vous enconviendrez :  les religions, par leur prétention à détenir LA Vérité, et à l'imposer,
sont à l'origine de l'intolérance et de bien des violences, guerres, passées et présentes, et resteront en concurrence.. En outre, en l'absence du moindre indice concret, objectif et donc
incontestable susceptible de prouver une quelconque intervention divine, la religiosité est en chute libre dans la plupart des pays intellectualisés.


Enfin, notre époque, la soumission à un dieu et à un livre fait place à une volonté d'autonomie et de responsabilité individuelle.

Je constate qu'en réaction à cette sécularisation croissante de la société, du moins sous nos latitudes, toutes les religions se livrent, parfois avec l'appui des médias, à des tentatives de
réinvestissement des consciences, de reconfessionnalisation de l'espace public et de néocléricalisme politique, surtout depuis Jean-Paul II, Benoît XVI, le chanoine-président Sarkozy 1er, et
autres fondamentalistes , créationnistes, sectaires, ...

Vous l'aurez compris compris, je suis athée, mais pas antireligieux : la foi est et restera toujours un droit légitime et respectable, a fortiori si elle a été choisie aussi librement que
possible, plutôt qu'imposée dès l'enfance.


Dans cette optique, il me semble que, dans une saine conception de la neutralité, l'Etat devrait en arriver à une enseignement pluraliste, comportant une information non prosélyte, à la fois sur
le fait religieux ET sur le fait laïque (l'humanisme laïque, les options laïques, la spiritualité laïque, etc ...

Je me permets donc de vous proposer une approche inhabituelle du phénomène religieux. Votre commentaire m'intéresserait vivement.
Je vous en remercie déjà.
Cordialement,

Michel THYS à Waterloo.


 


Une autre approche du phénomène religieux.


 


Sans vouloir simplifier ou réduire l’infinie complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs,
n’est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, psychanalytique, anthropologique, sociologique …) par une approche neuroscientifique ?


 


Les neurosciences ne visent évidemment pas à démontrer l’inexistence de « Dieu » (par définition, aucune inexistence n’est démontrable). Mais il est vrai, du moins à mes yeux, qu’elles peuvent
inciter à conclure à son existence subjective, imaginaire et donc illusoire.


Aussi balbutiante soit-elle, cette nouvelle approche permet déjà, à mon sens, d’élaborer des hypothèses explicatives quant à l’origine et la fréquente persistance de la foi, et donc à
l’anesthésie, partielle ou totale, de l’esprit critique en matière de religion.


 


Actuellement, selon moi, la liberté constitutionnelle de conscience et de religion est actuellement plus symbolique qu’effective. En effet, la liberté de croire ou de ne pas croire est
généralement compromise, à des degrés divers. D’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les
parents. Ensuite par l’influence d’un milieu éducatif croyant unilatéral, excluant toute alternative humaniste non aliénante. L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %,
la soumission y étant totale.


 


Les neurosciences tendent à confirmer cette imprégnation :


- Après Jacques MONOD, qui l’avait déjà pressenti en 1968, Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu
survivre si l’évolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … ).


- Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu’en l’absence
d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l’âge adulte en dépend ( et donc l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et
anthropomorphique (cfr Freud !), fût-il « authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre » …).


 


Des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont
déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, et donc les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex
pariétal inférieur. L’IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent inconsciemment
anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.


 


Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants, notamment créationnistes, à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l’impossibilité de remettre leur foi
en question, sans




BALCHOY 08/03/2010 21:24



Monsieur Thys. Votre approche du phénomène religieux m'interesse mais peut aussi, si vous l'acceptez, interesser les lecteurs de mon blog.  Vous pourrez en lisant la suite de mon article
prendre connaissance que, si j'ai grande méfiance face à l'interprétation religieuse du Christianisme, tel qu'il est vécu aujourd'hui  à partir du Vatican... , je demeure un grand admirateur
de Jésus et de son enseignement tel que par exemple le comprenait l'abbé Pierre  ou le grand théologien martyr du nazisme Ditrich Bonhöffer. Nous pouvons bien entendu en parler plus
directement sur le mail
yvanbalchoy13@gmail.com
et qui sait, nous rencontrer peut-être un jour, j'ai un fils qui habite à Waterloo ce qui m'amène assez souvent chez vous.
Pour l'instant, j'encode régulièrement  les livres de la bibliothèque marxiste du journal du P.T.B. SOLIDAIRE. c'est dire que je fréquente quantité de camarades athées ou agnostiques et
qu'en même temps qu'attaché à la personne du Christ, je me sens aussi disciple de Marx. ET je trouve cette confrontation fraternelle à partir de convictions assez différentes très féconde.

Amicalement, Yvan Balchoy