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Publié par BALCHOY

 

 

De même Aliocha Karamazov : son cœur évangélique, sa pureté exemplaire et sa bonté profonde le prédisposent tout naturellement à l’état monastique, en dépit des difficultés qu’il doit surmonter.

 

A côté de ces moines « par nature », on rencontre un nombre considérable de moines par volonté, c'est-à-dire qui désirent, sans prédestination naturelle, atteindre la sainteté monastique. Leur choix s’est réalisé à la suite d’un « retournement spirituel » :

 

« Ce fut comme une aiguille qui me transperça l’âme » » déclare à ce sujet le staretz Zossime. (1)

 

(1)   Les Frères Karamazov, page 320. Au sortir de sa crise religieuse, Aliocha dit que son « âme » a été visitée. (page 389)

 

Dostoïevski donne à la vie monastique une extension très large. Il connaît fort bien l’existence de ce monachisme populaire, composé de startsy, des fols en Christ, des pèlerins ; il y était d’autant plus attaché que ces saints personnages restaient en quelque sorte confondus avec le peuple russe et en manifestaient tout spécialement la sainteté diffuse. (2)

 

(2)   Cf. le pèlerin MAKAR dans « l’Adolescent ».

 

A côté de ce monachisme existentiel, trop original pour entrer dans des formes établies, ses œuvres présentent une vie monastique organisée et structurée par des règles sévères. Mais, même parmi les moines « réguliers » se retrouve la dualité que Léon Zander rapproche justement de la distinction Bergsonnnienne de Morale « close» et de Morale « ouverte ».

 

Parmi ces moines, règles vivantes, ceux qui entourent l’évêque en retraite Tikhone dans « Les Démons » ; il reproche à ce dernier ses relâchements et son ouverture au monde.

 

Nombreux sont aussi les adversaires de Zossime au sein même de son monastère ; Ils ne voient en effet en son charisme non sacramentel qu’une nuisible innovation, un abus sacrilège du sacrement de la confession.

 

Parmi eux, signalons le sinistre père Théraponte, grand jeûneur, grand silencieux (3) mais dur, vaniteux et implacable.

 

(3)   Les Frères Karamazov, page 181-182.

 

Sa vision du monde est pessimiste : il vit partout la présence de forces sataniques ; il n’est attentif qu’aux vertus négatives ; bref, il y a là une sorte de manichéisme que Zander attribue à la tendance quelque peu métaphysique du Christianisme oriental. Théraponte voit le diable constamment, en particulier autour du corps de son rival décédé, Zossime et il se réjouit du scandale que provoque la rapide décomposition du staretz.

 

 

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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