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Publié par BALCHOY

Confrontée à ce refus systématique de toute violence et de toute contrainte, les conceptions de Dostoïevski apparaissent autrement nuancées.


Il reconnaît sans réserve l’autorité de l’Etat en matière civile, au moins dans le temps présent.


De plus il est loin du pacifisme de son grand rival littéraire.

 

Dans de très nombreux articles du « Journal d’un écrivain », il soutient avec enthousiaste la « juste guerre » entreprise par son pays pour libérer les peuples slaves du joug ottoman.


Il est allé plus loin encore, puisqu’il semble avoir envisagé sérieusement la guerre menée pour nobles motifs comme un moyen quasi-nécessaire de la grandeur d’âme d’un peuple :


     « Cette guerre (1) nous est nécessaire, ce n’est pas seulement pour nos frères slaves martyrisés par les Turcs que nous nous levons, mais pour notre salut ; la guerre rafraichit l’air que nous respirons et dans lequel nous étouffions, malades de décomposition et de marasme spirituel.


Les sages s’écrient et montrent que nous périssons par suite de nos propres dissensions intestines, c’est pourquoi nous n’aurions pas besoin de souhaiter la guerre, mais plutôt une longue paix afin de dépouiller l’animal qui est en nous, de devenir véritablement hommes, d’apprendre ce que c’est que l’ordre, l’honnêteté, l’honneur.

 


C’est seulement alors, prétendent-ils,  que vous pourrez aller au secours de vos frères slaves, nous chantent-ils en chœur pour conclusion.


Il serait curieux en ce cas de savoir comment ils se représentent la manière dont les hommes s’améliorent.

 

Et comment eux-mêmes acquièrent-ils l’honneur, s’ils commettent dès le début un acte parfaitement déshonorant ? La Vérité ne s’acquiert qu’au prix du martyre.

(1)    « Journal d’un écrivain », avril 1877, page 503

 

 

 yvanbalchoy13@gmail.com

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