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Publié par BALCHOY

 

 

L’influence de Vladimir Soloviev dans la rédaction des « Frères Karamazov », en particulier à propos de »la Légende » est incontestable. (1)


(1(1)    Intéressant de comparer l’interprétation de Vladimir Soloviev de la Tentation du Christ et de celle de Dostoïevski : voici le texte de Soloviev, extrait des deux dernières conférences théandriques :


« En premier lieu, il y a pour tout être,  soumis aux conditions de l’existence matérielle la tentation de faire du bien matériel  un but et de l’énergie divine (qu’elle a en elle) un moyen pour l’atteindre : « Si tu es le Fils de Dieu, que ces pierres deviennent du pain…

 


En réponse à cette tentation, le Christ affirme que le Verbe de Dieu ne doit pas servir la vie matérielle, qu’Il est lui-même la source de la vraie vie pour l’homme : « L’homme ne vivra pas de pain seul, mais de toute parole de Dieu. ». Triomphant de cette tentation  de la chair, le Fils de Dieu reçoit pouvoir sur toute chair.

 


En second lieu, une nouvelle tentation se présente au Dieu-Homme, affranchi des incitations des sens, celle de faire de sa puissance divine un moyen d’affirmer sa personnalité humaine, celle de succomber au péché de la raison – l’orgueil : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit : il a commandé à ses anges de veiller à ta sécurité, de te prendre dans leurs mains afin que tu ne heurtes pas ton pied à une pierre. »

 


Cette action ‘Jette-toi en bas. » aurait été un appel orgueilleux de l’homme à Dieu, une tentation de Dieu par l’homme.

Aussi le Christ répond « Il est écrit encore, tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu »

 


 (Parfois ces paroles sont comprises comme si le Christ avait dit au tentateur : « Ne me tente pas « Moi » qui suis le Seigneur, ton Dieu ; mais ceci n’aurait pas de sens, car le Christ se soumet à la tentation non comme Dieu mais comme homme.

En fait, la seconde réplique du Christ, aussi bien que la première, est une réponse directe à ce que le tentateur lui propose. ; Il lui présente de tenter Dieu par une action audacieuse, et pour repousser cette proposition comme la première, le Christ se réfère à  l’Ecriture qui défend  de tenter Dieu)


Ayant triomphé du péché de l’intelligence, le Fils de l’Homme reçoit  le pouvoir sur les intelligences.


En troisième lieu, voici que se présente le dernière et la plus forte tentation : la servitude de la chair, l’orgueil de l’intelligence sont écartés : la volonté humaine est élevée à un haut degré moral, elle a conscience d’être supérieure à toutes les autres créatures. Or, en vertu de sa supériorité morale,  l’homme peut vouloir dominer le monde afin de conduire le monde à la perfection.

 

Mais le monde gît dans le mal et de plein gré, il ne se soumet pas à la supériorité morale, - c’est pourquoi il faut le forcer à se soumettre, il faut user de la force divine pour violenter et soumettre le monde.

 

Mais l’emploi de la violence, c’est-à-dire du mal pour procurer le bien serait la reconnaissance que le bien n’a pas de force par lui-même, que le mal est plus fort que le bien – ce serait adorer ce même principe du mal, qui domine le monde ; « et lui montrant tous les royaumes du monde et leur gloire, il lui dit : « Je te donnerai tout ceci, si, tombant à genoux, tu m’adores. »

 

Ici  se pose à la volonté humaine la question fatale : en quoi croit-elle et qui peut-elle servir ?  La force invisible de Dieu ou la force du mal qui règne ostensiblement dans le monde ?

 


Et la Volonté humaine du Christ, ayant surmonté la tentation  même justifiée des désirs de domination, s’est compromis avec le mal, qui règne dans le monde : Jésus lui a dit : « Arrière, Satan, car il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras Lui-seul.

 


Après avoir résisté au péché de l’esprit, le Fils de l’Homme reçut le pouvoir suprême sur le royaume de l’esprit ; ayant refusé de se subordonner à la force terrestre pour dominer sur terre, il obtint pour lui d’être servi par les esprits célestes ;  «  et voici que les anges s’approchèrent  et le servirent ; »

 

Après avoir surmonté la Tentation du mal, qui inclinait la volonté à s’affirmer soi-même, le Christ soumet et met d’accord sa volonté humaine avec la volonté divine, divinisant ainsi son humanité par l’effet de l’humanisation de sa divinité. »

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yvanbalchoy13@gmail.com

solidaire des résistants du ghetto de Gaza

 

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