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Publié par BALCHOY

 

On croirait entendre le Grand Inquisiteur, faisant remarquer au Christ que jamais les hommes ne se sont crus aussi libres qu’à présent « et pourtant leur liberté, ils l’ont humblement déposée à nos pieds (1)


(1)    « Les Frères Karamazov », page 272. CF. aussi « Les hommes sont plus vils que tu ne le pensais. » « Les Frères Karamazov », page 277 (Paroles du Grand Inquisiteur)

 

Dans les Carnets, Dostoïervski lui faisait dire : « La liberté est donnée à l’homme dans sa nature même et, ayant reçu le don de la liberté, le premier souci de l’homme est Del ‘abandonner au plus vite à quelqu’un. » (2)


(2)    « Carnets des Frères Karamazov », page 865

 

Pour Philippe II comme pour le Grand Inquisiteur , les hommes ne sont que des nombres, une masse à manipuler sans lui demander son avis. (3)


(3)    »Don Carlos », page 162

 

Le marquis, contrairement au Christ de la Légende parle en son nom propre ; il  reproche à Philippe II « d’avoir changé l’homme, œuvres des mains du Créateur en une œuvre de vos mains et de vous être donné pour dieu à cette créature de nouvelle façon » (4)


(4)    « Don Carlos », page 92

 

Et si par la perte du bonheur de tant de millions d’humains, vous n’avez rien gagné, si la liberté que vous avez anéantie, était la seule chose qui pût satisfaire vos désirs. (5)


(5)    « Don Carlos », page 93

 

Parlant des « ossements humains brûlés »que son pied a heurtés, le marquis de Posa dit ironiquement à Philippe II qu’il est « dommage que la victime qui roule dans son sang, ne puisse entonner un chant de louange à l’esprit du sacrificateur. » (6)


(6)    »Don Carlos », page 93

 

Pour convaincre le roi de l’utilité de la liberté de la presse, il lui parle de la nature :


     « Regardez autour de vous la nature dans sa splendeur, elle est fondée sur la liberté ; et comme elle est riche par la liberté. Le grand Créateur jette le vermisseau dans une goutte de rosée et le laisse s’agiter à son gré dans le domaine de la mort et de la corruption Que votre création est petite et misérable !  Le bruit d’une feuille effraye le Maître de la chrétienté. Il faut que vous trembliez devant chaque vertu ; lui, plutôt que de troubler le fascinant aspect de la liberté, il laisse le triste cortège des maux se déchaîner sur son univers, lui qui a tout fait, on ne le voit pas. Il se cache discrètement sous d’éternelles lois. L’esprit fort les voit mais ne le voit pas. Pourquoi un Dieu, dit-il, ce monde se suffit à lui-même et nulle dévotion chrétienne ne lui rend un plus grand hommage que ce blasphème de l’esprit fort. » (7)


(7)    Don Carlos », page 96

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

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