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Publié par BALCHOY

 

d) LA LIBERTE DES ENFANTS DE DIEU

 


La liberté que le monde a proclamée « ces dernières années surtout » (1) ne représente, rappelle Zossime, qu’esclavage et suicide.


(1)    « Les Frères Karamazov », page 337

 

La « liberté moderne » proclame l’assouvissement de tous les désirs et besoins par-delà tout critère moral. Mais la volonté humaine, non canalisée par la recherche de la vérité et des valeurs morales qui la stabilisent dans l’amour, n’est capable que de négation et de destruction.


Les conséquences désastreuses d’une telle attitude, se manifestant d’abord au plan individuel.

Les « champions » modernes de la liberté, « en altérant en eux l’image de Dieu et sa vérité vont à l’encontre de leur propre nature et se rendent esclaves de leur « vouloir » désorienté ; aussi sombrent-ils dans l’a-personnalisme, désintégrateur de la personnalisation.

 


Mais les conséquences n’en sont pas moins graves au sein de la société qui fait de cette liberté capricieuse sa « devise » ; une telle collectivité, devenant ainsi le somme d’égocentrismes nécessairement contradictoires, verra surgir une tension  grave entre riches et pauvres ; s’il est possible de contenir provisoirement la masse populaire en la plongeant dans les plaisirs grossiers et abêtissants, tôt ou tard, « au lieu de vin, ils s’enivreront de sang. » (2)


(2)    « Les Frères Karamazov », page 337

 

Partout où la liberté est comprise en ce sens dissolvant, même si on y associe la fraternité et l’égalité, toute idée de dévouement à l’humanité, toute fraternité réelle, toute solidarité disparaissent et si les biens matériels s’accroissent, la joie signe de la vraie liberté diminue. (3)


(3)    « Les Frères Kararmazov », page 331

 

A l’opposé se situe le moine qui, par l’obéissance, le jeûne et l’amour librement consentis, parvient avec l’aide de Dieu à la connaissance de son être profond, configuré activement au Christ.


Se connaissant sereinement, il n’éprouve aucune peine à rester maître de sa volonté de moins en moins tentée par la voie de l’arbitraire.


Seul  le Saint, parvenu au sommet de la Foi et de l’amour connaît en toutes ses richesses la liberté des enfants de Dieu.


La communion au Christ fortifie « miraculeusement » la liberté humaine, en le faisant participer à la liberté divine. (4)


(4)    « Les Frères Karamazov », page 338

 

Le « moi » du Saint s’harmonise à ce point au « MOI » du Christ qu’il n’existe plus aucune tension entre sa volonté et celle de Dieu.


La demande du « Pater » « Que ta Volonté soit faite » correspond au désir le plus profond du cœur humain à un point tel qu’in n’imagine pas raisonnablement le Saint revenir sur une option si ancrée en lui.


Cette transformation intérieure vient répondre au-delà de toute attente au désir de faire éclater l’isolement du « Moi » au profit de la communauté aimant du « NOUS ».


Sainteté, « Christophoreité », liberté ne sont au fond que des synonymes.

 


La liberté nouvelle que nous apporte le Christ a pour caractéristique essentielle qu’elle personnalise et donc va à l’encontre de toutes les forces aliénatrices.

Nous ajouterons ici ce qui semble bien n’être réservé qu’à ceux qui effectivement atteignent la perfection : la victoire sur l’opacité qui nouis cache en cet univers temporel le visage éternel de la réalité et de la joie paradisiaque.

 

A cet égard, un des indices les plus révélateurs de cette transmutation « surnaturelle » de notre faculté raisonnante et de notre volonté nous est fourni par le triomphe non équivoque cette fois sur le morcèlement du temps, qui procure au croyant la conviction de vivre déjà le paradis du Christ ici-bas.

 

Dostoïevski nous ramène au fond de notre vouloir, nous invite à nous rejoindre, à être fidèles à nous-mêmes.


La liberté authentique n’est pas création pure de notre volonté, elle trouve sa plénitude dans le don de soi, dans la spontaneité de l’amour et le consentement à la Vérité du Christ.


La loi du Christ en nous rattachant à notre vraie nature est génératrice de ce consentement qui ne permet de modeler notre esprit sur le Réel à tous les niveaux de l’être.


Cette liberté qui nous vient de Dieu s’identifie au bonheur de l’épanouissement total que ressent celui qui porte activement en lui l’image du Christ et par cette Image s’harmonise à Dieu, à l’humanité et au cosmos.

 

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

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