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Publié par BALCHOY

 

4) L’AMOUR ACTIF

 

 

De ce qui précède, il est facile d’établir les caractéristiques essentielles de l’amour parfait ou comme dit Dostoïevski, actif.

 

Cet amour ne s’épuise pas en « idées » mais se réalise en acte en faveur du frère en chair et en os qui est en face de lui et cela d’une façon réfléchir. Il se réalise spécialement dans et par le cadre de la famille, comme le suggère clairement le romancier (1)


(1)Cf. cette étude, page ainsi que « Les Frères Karamazov, page 58 et  344

 

Il coïncide bien entendu avec cette « autodiscipline » de la volonté, signe du don de la sainteté, c’est-à-dire de l’état où la Foi parfaite coïncide avec l’Amour parfait, c’est là une donnée si importante chez le romancier russe, comme dans la Tradition des Pères que nous lui consacrerons un paragraphe spécial plus loin.


En conclusion, sans le consentement au réel et à la vérité, l’amour est une force éphémère, une puissance incapable de se fixer et partant d’agir efficacement en faveur du salut d’autrui ou de soi. Reste à préciser dans le paragraphe suivant le lien qui unit amour et liberté.

 


 

II) L’AMOUR ET LA LIBERTE

Le vouloir, nous l’avons vu, est à la racine de l’amour, c’est dire dans le lien étroit qui existe entre l’amour et la liberté ; tous deux sont inséparables. L’amour est le sommet et la fin de la liberté.

 

De là cette tension permanente que ressent si souvent le chrétien entre la loi que lui présente l’Eglise et l’amour qu’il ressent pour Dieu et le Christ.

 

C’est inévitable tant qu’un certain hiatus subsiste en lui entre « l’image vivante du Christ et les « exigences » du moi.


L’amour éprouve dès lors une certaine difficulté à reconnaître le caractère intelligible de son idéal, faute de la relier à la Personne même du Christ.

 

Aussi les formulations intellectuelles des lois morales lui paraissent-elles une atteinte à sa liberté, un retour à cet esprit légaliste condamné par Jésus.

 

En conceptualisant l’exemple vécu par le Maître, en le normalisant au plan d’un code moral, on risque de trahir la liberté qui doit en être le principe inspirateur, l’amour qui en est le but foncier.

Dostoïevski se situer ici à l’opposé de l’impératif catégorique de Kant : deux erreurs aussi graves l’une que l’autre sont ici à éviter.

 

La première consisterait à adopter la loi sans tenir compte de l’amour qui manque dès lors qu’on le considère uniquement comme un devoir, car il devient alors un amour abstrait, fidèle peut-être à la lettre et à la forme de la loi, mais loin de l’esprit ce qui  conduit fréquemment à des effets opposés à ceux recherchés et attendus.

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com    

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