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Publié par BALCHOY

Chez un être intimement divisé tel que l’homme, l’amour n’est pas seulement un don mais aussi une vertu. Pour aimer, il faut vouloir aimer. Il faut même aimer comme Dieu, puisque notre amour est à l’image de Dieu.

Tout vrai Amour est en l’homme comme en Dieu « don de soi », sacrifice et ouverture à l’autre. Mais alors que chez Dieu ce sentiment est inséparable de la vie, chez nous il ne se réalise pas automatiquement.


Impossible d’aimer Dieu sans acquiescer pleinement à la totalité du réel, à l’intégralité de notre condition humaine. On a vu à loisir, en analysant les personnages dostoïevskiens qu’un tel consentement était ardu.  Notre auteur insiste sur l’effort moral même si ça qui ne correspond pas  à l’image simpliste qu’on se fait de sa pensée religieuse.


Le Christianisme de Dostoïevski est certes centré sur la joie et la liberté, mais le romancier n’a jamais perdu de vue que le « grain » devait consentir à mourir pour porter du fruit.


L’ascèse et la croix occupe une place plus importante chez lui  qu’on ne le croit généralement mais elles sont toujours subordonnées à l’apport positif du Christianisme.


Aussi rappelle-t-il souvent que pour consentir à la réalité totale, il faut réaliser l’autodiscipline de sa volonté propre, puisque celle-ci est à la racine même de l’amour.


L’effort humain en vue d’obtenir l’amour suppose donc au départ la résolution tenace de venir à bout des impulsions capricieuses de sa « VOLIA ». Ce n’est pas une tâche facile.


« L’amour est un maître, mais il faut savoir l’acquérir car il s’acquiert difficilement au prix d’un effort prolongé. (1)


(1)     « Les Frères Karamazov », page 344

 

Une lutte de tous les instants, « un labeur incessant » ne sont pas de trop pour « rétablir l’homme en soi »  (2), c’est-à-dire conformer activement son être altéré par le péché à l’image de Dieu, le faire revenir à son état primitif et ainsi s’apprêter à communier à cette image qui fait naître en nous


(2)    « Carnets des Démons », page 946

l’amour véritable.

Celui-ci doit déboucher sur le réel sans quoi la volonté retombe vaine sur elle-même au terme de son effort. A propos de Kirilov, Dostoïevski a rappelé dans « Les carnets des Démons » le devoir impérieux de se mettre en branle l’énergie des facultés volontaires qu’au service de la Vérité.


     « En Kirilov, une idée populaire : se sacrifier immédiatement pour la Vérité… Le sacrifice de soi-même et de tout pour la Vérité. Toute la question consiste à savoir ce que l’on considère comme la Vérité. (3)


(3)    « Carnets des Démons », page 1101

 

Celui qui n’est pas sensible à la Vérité et surtout en arrive à « se mentir à lui-même » finit par ne plus distinguer la Vérité ni en soi ni autour de soi. Il perd ainsi, s’écrie le staretz Zossime le respect de soi et des autres, et, faute de ce respect devient vite incapable d’amour. Il se grise de plus en plus de ses hideuses contrefaçons de l’amour que sont les passions et la bestialité vicieuse. (4)


(4)    « Les Frères Karamazov », page 37-38

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

 

 

 

 

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