Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par BALCHOY

Dostoïevski ne se contente pas de critiquer en bloc la position de principe des protestants libéraux. La science, écrit-il a disséqué le texte sacré, et après une analyse impitoyable n’en n’a rien laissé subsister.

La Bible, écrit-il, à un correspondant en quête de Foi, produit dans son ensemble une impression admirable. (1)

Lettre de février 1878

Il vient inévitablement à l’esprit qu’il n’y a pas de livre dans l’histoire de l’humanité qui vaille celui-ci et il ne peut y en avoir sans aucun doute. Évidemment, si on s’attache à critiquer et à analyser chacune des péricopes que les exégètes ont distingué dans le texte sacré pour l’analyser indépendamment du reste du Livre, on risque fort d’en tronquer la signification. La somme de ces conclusions partielles et souvent partiales sera sans comparaison avec l’impression admirable qui se dégage du « tout ». Les critiques ne dissèquent plus qu’un texte mort, laissant de côté l’harmonie irréfutable qui se dégage d’une vision globale de l’Evangile et qui réduit à néant toutes les objections de détail. (2)

« Les Frères Karamazov », page 186. Le thème est développé par le Père Païsus, le hiéromoine qui partage la cellule du staretz Zossime.

« L’image du Christ » est la perle précieuse à extraire de l’Evangile. Elle est la lumière qui, depuis la mort et la résurrection du Sauveur, continue à éclairer le monde et à le guider vers Dieu. Mais on ne peut la déduire que de l’ensemble de la vie de Jésus, d’où elle surnage brillante et lumineuse pour ceux qui sont illuminés par la Foi.

Pour se persuader de la Divinité du Christ, il suffit de s’imprégner par un contact assidu de l’esprit évangélique, considéré en sa totalité.

Ce ne peut être le résultat d’un travail purement scientifique ou rationnel mais une « compréhension vitale » supposant l’adhésion du cœur. (3)

Dans le « Journal d’un écrivain », Dostoïevski demande qu’on présente aux enfants l’Ecriture Sainte sous forme de tableaux pieux et purs sans y ajouter surtout de commentaire de morale officielle. 

Devant le tableau évangélique révélant la splendeur de l’image du plus beau des enfants des hommes, l’incrédulité et le doute ne sont plus de mise. A une femme désolée d’avoir perdu la foi de sa jeunesse, Dostoïevski répond :

     « Vous dites qu’on a détruit votre Foi au Christ. Comment ne vous êtes pas posé la question : qui sont ces gens qui nient le Christ comme Sauveur ? Je ne veux pas dire, s’ils sont bons ou méchants, mais connaissent-ils le Christ en son être ? Croyez-moi, dès qu’on le connaît un peu, on voit un être merveilleux, ressemblant à tous les hommes bons et pourtant meilleur. Ces gens ont la conscience facile et ne sont pas prêts par l’étude à connaître ce qu’ils nient. Leur esprit est-il pur et leur cœur limpide ? Leur ignorance phénoménale sur ce qu’ils jugent devrait vous arrêter dans la voie de la négation ou du moins vous faire douter. Je connais une foule de négateurs qui se sont ensuite donnés de tout leur être au Christ. Mais ceux-ci cherchaient vraiment la Vérité. Qui cherche finit par trouver. » (4)

« Correspondance de Dostoïevski », lettre du 15-1-1880

vanbalchoy13@gmail.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article