Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par BALCHOY

 

 

 

Encore presqu’enfant, il fut enthousiasmé par le livre de Job. Jamais, avoue-t-il, dans une lettre à sa femme six ans avant sa mort, il ne put le lire sans larmes.

Mais c’est l’Evangile qui exerça sur lui le plus d’influence. L’exemplaire que lui remirent les femmes décembristes lors de son bannissement en Sibérie (1) ne le quitta jamais ; un des derniers gestes de l’écrivain fut d’y rechercher la volonté de Dieu. A toux ceux qui recouraient à lui, il conseillait la lecture des livres saints. « On y trouve le sens des mystères du monde, de l’homme et de son caractère (2)

Ses œuvres, surtout celles de sa maturité en sont d’ailleurs profondément imprégnées. De nombreuses citations y renvoient fréquemment. Deux de ses plus importants romans, « Les Démons » et « Les Frères Karamazov » ont pour en exergue une maxime évangélique qui en résume le message spirituel.

La rencontre si chère à l’écrivain entre Sonia, la jeune prostituée et Raskolnikov, l’assassin, «  tous deux si étrangement unis pour lire le livre éternel :

La jeune fille lit à son compagnon d’infortune le récit de la résurrection de Lazare. Nulle part ailleurs peut-être, Fédor Mikhaïlovitch n’a mieux exprimé sa conviction que l’Evangile n’est pas seulement un simple récit historique, mais une parole vivante et agissante « donnent une force miraculeuse à l’homme » et suscitent en lui la Foi

     « Sonia, reprenant péniblement son souffle articula avec force comme si elle faisait elle-même publiquement sa profession de foi. Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, descendu sue terre…

Au fur et à mesure qu’elle approchait du mystérieux récit, un sentiment de triomphe s’emparait d’elle. Sa voix prenait une sonorité métallique, la joie et le triomphe qu’elle exprimait semblait la raffermir… Au dernier verset « Lui qui a rendu la vue à un aveugle », elle baissa la voix pour traduire avec un accent passionné le doute, le blâme et les reproches de ces juifs aveugles qui dans un moment allaient croire, allaient comme frappés de la foudre tomber à genoux, sangloter, croire… et lui, lui qui ne croyait pas, lui aveuglé également, allait entendre et croire, oui, oui, bientôt, à l’instant même, rêvait-elle et elle tremblait dans sa joyeuse attente… »Et le mort sortit. ».

Sonia lut ces mots d’une voix claire, comme si elle avait vu le miracle de ses propres yeux. » (2)

CF cette étude, page…

« Crime et Châtiment », page 383

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article