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Publié par BALCHOY

Si, en revanche, rien ne confirmerait la Foi, tant soit peu, dans l’ordre intellectuel et affectif, elle ne se réduirait à un pari gratuit et, partant, sans valeurs humaines. Quels indices peuvent nous guider vers la Foi chrétienne sans aliéner notre liberté ?

 

Devant le Christ, tous les hommes ne se sentent pas nécessairement concernés. Pourquoi donc là, où l’on découvre le Verbe fait chair, l’autre ne trouve rien qu’un homme exceptionnel ou parfois un doux illuminé.

 

La Légende du Grand Inquisiteur nous offre un terrain de choix pour analyser cette rencontre et la place qu’y joue la liberté (1)

Pour ce qui concerne le sens même de la Légende, ses sources et sa portée. CF. cette étude, page…

 

Le Christ, écrit-il, apparaît doucement, sans bruit, il ne cherche pas à se faire remarquer et pourtant, détail étrange,  toute la foule le reconnaît immédiatement et se rassemble autour de Lui.

 

Par la bouche d’Yvan, Fédor Mikhaïlovitch assure qu’il aurait voulu expliquer pourquoi la foule reconnaissait si spontanément le Sauveur qui la traversait : « Ce serait un des plus beaux passages de mon poème d’en expliquer la raison. » (2)

« Les Frères Karamazov », page 269

 

Il fait bien allusion à la force irrésistible  qui fait accourir le peuple, mais ne précise pas sa pensée. Heureusement les « carnets » nous fournissent peut-être l’explication qu’Yvan aurait aimé donner ; on y trouve des mots laconiques mais combien révélateur. (3)

 Carnets des Frères Karamazov, page 862

 

     « « C’était un élan d’amour : du moins je le regarderai, je passerai au milieu d’eux, du moins je les toucherai. Une force émanait de ses vêtements. Comment le reconnaît-on ? Mais nous ressemblait-il, mais il était le miracle céleste. (4)

« Carnets des Frères Karamazov », page 862

Les habitants de Séville ne s’y trompent pas. Celui qui cheminait parmi eux n’était pas un homme comme les autres, il était « L’HOMME », l’idéal céleste devenu visible et terrestre. Chacun d’eux sentait confusément que leur destin était lié à Lui et que Lui seul pouvait leur apporter ce salut auquel ils aspiraient. Chacun se sentait directement concerné par le mystérieux étranger en plongeant son regard dans le sien, tous se sentaient compris au plus intime d’eux-mêmes ; ils voyaient naître dans leur cœur une confiance immense pour celui qui, tout en les dépassant tant, leur révélait pourtant le fond même de leur cœur. On retrouve la même confiance, la même reconnaissance dans ce cri de Nastasia Philippova dans « l’Idiot » découvrant dans le Prince Mychkine, cet homme christophore, le premier « homme » qu’elle a rencontré, devant lequel elle se sent comprise et sauvée (5)

CF. cette étude, page…

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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