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Publié par BALCHOY

II) LA RENCONTRE DE L’IDEAL

 

Dans la perspective existentielle, chère à Dostoïevski, il est clair que le salut chrétien ne se réduit pas à une simple adhésion intellectuelle, à une vérité abstraite ; il est lié au contraire à la rencontre directe de l’Idéal personnalisé par le Christ et se réalise sous la forme d’une expérience de vie et de communion.

 

On comprend dès lors l’importance des vérités dites « théologales » par ce qu’elles régissent la relation théandrique et constituent les modalités de l’existence nouvelle.

 

C’est par le Christ que Dostoïevski atteint Dieu ; c’est en modelant son existence sur la sienne, pense-t-il,  qu’on se pénètre de la vie divine. Aussi, chez Lui, vie théologale et vie chrétienne sont pratiquement synonymes.

 

Il sera surtout question ici de la Foi et de l’Amour. Ce n’est pas que Fédor Mikhaïlovitch ignore le schéma des trois vertus (1), mais sa vision personnelle de la rencontre de l’homme et de Dieu le pousse à souligner tantôt le thème idéal, sans s’attarder explicitement  sur l’espérance, moyen terme qu’il rapproche alternativement de ses deux positions limites

 J’eus des instants d’une telle plénitude, d’un bonheur si parfait, que toute raillerie se tairait, je le jure ! Et il n’y avait plus en moi que la Foi, l’Espérance et l’Amour. » - Le Sous-sol, page  733.

A première vue, l’Espérance n’est chez Dostoïevski qu’un au-delà du désespoir ; elle constitue un sursaut vital face au pessimisme si envahissant dans ses écrits.

 

A la fin du Sous-Sol, le locataire souterrain, si sombre et si hargneux, ouvre tout de même une petite porte à l’espérance, puisqu’il reconnaît que la « vie vivante », la vie réelle doit bien se nicher quelque part. (2)

(2) Raconter tout au long comment j’ai manqué ma vie en me déshabituant de vivre, en rageant sans cesse dans mon Sous-Sol nous nous sommes mêmes déshabitués à un tel point que nous ressentons pour la vie réelle, la « vie vivante » (sur le sens de cette expression CF. notre étude page…) presque du dégoût.Regardez bien  ! Nous ne savons même pas aujourd'hui où se situe la vie, ce que c'est, comment cela s'appelle.- « Le Sous-Sol » page 798-799)

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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