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Publié par BALCHOY

 

 

A ce sujet, le romancier, dans sa célèbre lettre à V. A. Alexiev, revient longuement sur l’étroite connexion reliant sa nature spirituelle à sa liberté. L’idée diabolique, note-t-il,  se résume dans la préférence du « pain » à la liberté » ;  elle ne pouvait convenir qu’à l’homme brute, c’est-à-dire réduit à la condition animale parce qu’amputé du spirituel. Le récit évangélique a selon lui une portée anthropologique :

 

     « Si l’affaire s’était seulement joué sur l’apaisement de la faim, pourquoi le Christ aurait-il amené le discours sur la nature spirituelle de l’homme en général. » (1)

 

« Correspondance de Dostoïevski » (en russe) tome III, lettre 550 (7-6-1876) Cf. à ce propos l’interprétation de la Légende du Grand inquisiteur en cette étude, page…

 

Un dernier texte confirmera, si besoin est,  la  corrélation étroite entre la liberté et la personne déiforme. Il émane d’un article consacré à la mort de Georges Sand et il y revient une fois de plus à son thème de prédilection, la Tentation, en ajoutant qu’il n’y avait peut-être pas à son époque en France un penseur qui ait compris avec autant de force que « l’homme ne vit pas seulement de pain ».

 

C’est donc du spirituel que l’homme tient sa grandeur, grâce à une intervention gratuite de Dieu qui lui fait transcender la condition purement animale. Ce supplément d’être, don gratuit de Dieu est l’essence même de la liberté humaine.

 

Un regard sur le sens du « don » ou de la grâce dans l'Écriture et chez les Pères ainsi que sur la valeur religieuse de la liberté permettra de savoir si  les convictions de Dostoïevski s’apparentent à l’authentique Tradition chrétienne.



 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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