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Publié par BALCHOY

 

L’athéisme contemporain apparaît donc à Dostoïevski comme un rejeton du Catholicisme. Tant que l’occident et l’Eglise romaine ne reviendront pas au vrai Christianisme en se débarrassant de l’idée romaine et en reconnaissant à la suite de Jésus la primauté de la liberté sur le « pain », de l’humilité sur l’orgueil dominateur, la société continuera de s’y désagréger et la vie morale de se faire toujours plus antagoniste de l’esprit du Maître. (1)

 

(1)   Fédor Mikhaïlovitch ne croyait pas aisément à la mort rapide de l’idée romaine sous sa forme catholique. L’idée la plus vaste qui soit au monde, note-t-il, éclose dans le cerveau du diable en ce jour où le Christ fut tenté au désert, vivant de façon organique depuis deux mille ans déjà, ne disparaît pas ni ne meurt pas en une minute. » (Journal d’un Ecrivain », mai-juin 1877, page 566) Le « danger » catholique n’était pas pour lui illusoire. Par la voix de Mychkine, il engage vivement ses compatriotes à résister à l’influence néfaste des « idées occidentales » qui véhiculent en Russie la fameuse « Idée » diabolique. Il faut au contraire que le vrai Christ, gardé par nous et inconnu en Occident, resplendisse et refoule ces intrusions étrangères. ("L’Idiot", page 603)

 

Mais que devient l’Orient dans tout cela ? Nous l’avons laissé au lendemain de Constantin en grand danger d’être lui aussi compromis par l’alliance avec l’état. S’il en fut préservé, note Dostoïevski, c’est grâce aux nombreux malheurs qu’il connut au long des siècles. Le pouvoir civil y fut en effet très vite conquis et détruit par la glaive de Mahomet ; dès lors le Christianisme vivra longtemps dans ces contrées sans attache avec le pouvoir civil.

 

Lorsque, plus tard, revint enfin un gouvernement reconnaissant la suprématie du Christ, il lui fallut au surplus supporter tant de souffrances dues aux ennemis, aux Tatars, au manque d’organisation, au servage, à l’Europe enfin, que de réelles institutions sociales dans l’esprit de l’amour et de l’auto-perfection chrétienne n’ont pu encore y voir le jour. (2)

 

(2)   « Journal d’un écrivain », août 1880, page 558 du tome III de l’édition russe.

 

Ces difficultés valurent en contrepartie à l’Orient et tout spécialement à la Russie de rester fidèle à la Vérité  vraie du Christ, partout ailleurs éclipsée. Le Christianisme oriental est centré sur l’union toute spirituelle entre les fidèles. Là où l’Eglise romaine prône l’autorité, lui se fie à la force invincible de l’Amour.

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

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