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Publié par BALCHOY

 

 

 

Le pape ne se présente plus seulement comme le souverain des états pontificaux, pense l’écrivain, mais comme le possesseur de l’univers entier et de tous les empires terrestres. Il rend ainsi manifeste aux esprits lucides que le Christ préconisé par l’Eglise romaine n’a aucune ressemblance avec Celui que nous présente l’Evangile ; car il s’est laissé vaincre par la troisième offre satanique : « Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes devant moi. (1)

 moi » (1)

 

(1)   « Journal d’un écrivain », mai 1876, page 310. Pour l’interprétation de « La Légende du Grand Inquisiteur » qui fait allusion au même fait. Cf. cette étude page… 

 

La définition pontificale officialise donc la vente du vrai Christ en échange des royaumes terrestres. ; elle opère la résurrection intégrale de la vieille idée romaine jamais complètement morte sous le catholicisme ; c’est la Rome de Julien l’Apostat, victorienne cette fois du Nazaréen en une nouvelle et suprême bataille.

 

Mais ce triomphe sur l’Homme-Dieu marque en réalité le glas du Catholicisme.

 

Au moment où le Pape se déclare maître du monde, il est dépouillé paradoxalement du dernier lambeau de pouvoir terrestre qui lui restait.

 

Cette conclusion tragique était inévitable. En effet, catholicisme, protestantisme, rationalisme et socialisme contemporains ne sont que des formes diverses de cette idée d’unification universelle qui se sont engendrées mutuellement malgré leur foncière opposition.

 

Mais aucune d’elle ne détient « l’unique pierre solide » sur laquelle peut s’établir une société respectueuse du droit personnel ; toutes sont foncièrement identiques dans leur mépris de la liberté véritable.

 

     « Les socialistes français ont beau se donner l’air de la plus véhémente protestation contre l’idée catholique, cette protestation qui au fait a surgi vers la fin du siècle dernier (en réalité, beaucoup plus tôt.) n’est rien d’autre que la continuation la plus exacte et la plus droite de l’idée catholique ; elle en est l’aboutissement le plus complet, une conséquence fatale, élaborée au cours des siècles. (2)

 

« l’Idiot », page 663.

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 

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