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Publié par BALCHOY

 

CHAPITRE V : Interprétation religieuse de l’Occident et de l’Orient chrétien.

 

 

Dostoïevski ne s’est pas contenté d’esquisser une synthèse de l’histoire de l’Eglise : il a recherché dans le passé ou le présent une confirmation de ses idées. Nous en avons maints indices dans son œuvre journalistique, presqu’exclusivement dans le « Journal d’un écrivain » qui s’étend sur les vingt dernières années de sa vie ? (1)

 

(1)    si on tient compte des articles de la revue « Le Temps » incorporés dans le premier tome du Journal (1861)

 

Au fur et à mesure qu’il prend de l’âge, l’écrivain s’intéresse davantage à dresser de grandes synthèses concernant le passé ou l’avenir. C’est de la sorte que timidement d’abord, puis de façon plus audacieuse il construisit sa philosophie de l’histoire.

 

Il nous paraît intéressant de comparer ici avec Nicolas Berdiaev la vision de Léon Tolstoï et celle de Fédor Mikhaïlovitch.

 

Pour chacun d’eux, en effet, le rapport entre l’œuvre et la conscience personnelle se trouve en quelque sorte inversé.

 

Comme romancier, Dostoïevski est « l’artiste le plus dynamique sans doute que le monde ait connu » mais ce courant prophétique cohabite avec une idéologie personnelle conservatrice ;

 

L’œuvre de Tolstoï s’apparente plutôt à l’épopée ; ses romans témoignent de la pérennité des mœurs.

 

Le prophétisme dynamique de Dostoïevski, pense Berdiaev, s’exprime par la place centrale qu’occupe en son œuvre l’anthropologie. Chez Tolstoï au contraire, la vie humaine est dissoute dans le cycle immense de la vie cosmique.

 

Tolstoï est un romancier cosmique, Dostoïevski un romancier historique.

 

Si on compare leur idéologie personnelle, le rapport est inversé. Tolstoï y apparaît comme révolutionnaire, anarchiste et presque nihiliste.

 

En revanche Fédor Mikhaïlovitch défend souvent dans le « Journal d’un écrivain » des vues conservatrices. Mais dès qu’il cherche à réaliser ses idées politiques, le révolutionnaire réapparait en lui. IL n’est en rien défenseur du vieux monde bourgeois, il demeure en vérité un socialiste chrétien dont l’utopie théocratique, nous le verrons, est la négation de toute l’idéologie bourgeoise.

 

(2)Nicolas BERDIAËV : Les sources et le sens du communisme russe, page 162-169.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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