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Publié par BALCHOY



3) La liberté suprême du sacrifice par amour.

La vraie liberté fait éclater la forme qui, se:lon Dostoïevski, apparaît comme la plus insupportable du déterminisme, celle qui nous enferme en nous mêmes et nous empêche de rencontrer autrui. Celui qui est lui-même, en étant parvenu à vaincre sa volonté égocentrique, découvre le joie du don et du sacrifice, à travers lesquels sa personnalité s'affermit substantiellement. La liberté est liée au service de ses frères. Dans les "Notes d'hiver sur des impressions d'été", Dostoïevski, confrontant mentalité russe et occidentale, s'en explique longuement :

     -""Sacrifier volontairement sa vie pour tous, monter au Calvaire, sur le bûcher, ce n'est possible qu'avec un développement extrême de la personnalité... Une personnalité fortement développée, pleinement conscience de son droit d'être une personne et n'ayant aucune crainte pour elle-même, ne peut rien faire d'autre de sa personne, c'est à dire ne peut en faire de meilleur usage que de la donner toute entière à tous, pour que les autres puissent être des personnes tout à fait égales et heureuses." (1)

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(1) "Notes d'hiver sur des impressions d'été", éd. russe, page 343
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Dostoïevski ne craint donc pas que la liberté première soit anéantie par la liberté seconde ; celle-ci au contraire lui procure son plein épanouissement.

Nous verrons plus loin lors de l'analyse de la liberté personnelle la corrélation concrète de ces deux formes de liberté.

Pour conclure, être libre, c'est pour Fédor Mikhaïlovtich,  d'une part être capable de choisir (liberté première) ; de l'autre, être soi-même, en acceptant toutes les dimensions de son être, y compris son enracinement spatio temporel. Pour y parvenir, un effort d'auto-discipline, d'autoperfectionnement est nécessaire ; c'est que la liberté n'est possible qu'à celui qui parvient à dominer son "moi" égoïste, sa volonté arbitraire, en vue de se posséder pleinement dans le paisible d'une conscience pacifiée.

La vraie liberté nous permet de nous harmoniser aux impulsions de notre être profond en faisant nôtre l'idéal d'amour fraternel révélé par le Christ. C'est là une tâche difficile.

Tout le monde a , aujourd'hui comme à l'époque du romancier russe, le mot liberté à la bouche ; pourtant rien n'est sans doute plus difficile que de la vivre en plénitude , ainsi qu'il l'avoue dans sa correspondance :

     -"Il semble vraiment que le plus difficile au monde, c'est d'être soi-même." (2)

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(2) "Correspondance de Dostoïevski", volume IV, lettre à Maïkov (25-2-1871) n° 371. Cf. également la double question que se pose "l'adolescent" : "Suis-je libre, suis-je moi-même ," (page 456)
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Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
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