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Publié par BALCHOY

L'IDEAL DE MARX RESTE LE NOTRE (ROGER GARAUDY)

Marx : « Que tout homme qui porte en lui
le génie d’un Raphaël puisse
l’épanouir pleinement. »

 

 

A l'Indépendant

 

 

(Idéologie allemande, Pléiade. p.1288)
C’est ainsi que Marx définissait le communisme par ses fins: offrir à chaque homme les conditions économiques, politiques, spirituelles lui permettant de déployer pleinement toutes les richesses humaines qu’il porte en lui.
Tel était le but, la fin ; la socialisation des moyens de production était un moyen de cette réalisation. Cet idéal est resté le nôtre, dans des conditions historiques nouvelles prévues par Karl Marx.
Car à ceux qui, aujourd’hui, enivrés par l’échec et l’effondrement de l’Union soviétique, se réclament du «libéralisme» et de son théoricien Adam Smith pour proclamer que nous arrivons à la « fin de l’histoire» par une restauration universelle du capitalisme, il convient plus que jamais de rappeler ce que furent les prévisions historiques d’Adam Smith et celles de Karl Marx et de voir lesquelles se sont aujourd’hui vérifiées.
Adam Smith, à un moment de plein essor du capitalisme, affirmait que si chacun poursuit son intérêt personnel, l’intérêt général est satisfait: une «main invisible» réalise cette harmonie.
Karl Marx, également dans une période de plein essor du capitalisme, prévoyait que le système engendrerait de grandes richesses, mais, en même temps, de grandes misères, par une accumulation de la richesse à un pôle de la société pour un petit nombre, et une paupérisation des multitudes à l’autre pôle.
Qui a eu raison ?
A l’échelle mondiale, aujourd’hui, après cinq siècles de capitalisme, et du colonialisme nécessaire à son accumulation primitive, 80% des ressources naturelles de la planète sont contrôlées et consommées par 20% de ses habitants, ce qui conduit, chaque année, à la mort, par la malnutrition ou la faim, de quarante millions d’êtres humains. L’écart entre le Nord et le Sud ne cesse de se creuser. Le « Programme des Nations Unies pour le développement » constate qu’en trente ans il a doublé entre les pays les plus riches du Nord et les pays les plus démunis du Sud. Depuis 1980 le revenu par habitant a baissé de 15% en Amérique Latine, de 20% en Afrique. Même dans les pays les plus riches cette polarisation s’accentue: en 1993, M. Clinton avoue que 1% des citoyens américains ont disposé de 70% de la richesse nationale.

 

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En Union Soviétique l’industrialisation accélérée se fit à un coût humain, lui aussi, effroyable, et conduisit au « goulag ». L’encerclement capitaliste, son réarmement, ses menaces, l’absence d’investissements étrangers conduisit à une volonté d’accélérer l’industrialisation et la politique d’armements. Évoquant l’écart qui séparait l’Union Soviétique des grands pays européens et des États-Unis, en 1930, Staline disait au XVIe Congrès du parti bolchévique : « Nous devons combler ce retard en dix ans ou ils nous écraseront. » Dix ans ! En 1941, Hitler envahit la Russie !
Le plan de 1930 prévoyait une production de dix millions de tonnes de fer pour 1933. STALINE exige : « Il nous faut dix-sept millions de tonnes pour 1932. » En réalité cet objectif ne fut atteint qu’en 1949, et à un coût humain effroyable pour les S oviétiques. Cela est vrai. Mais qu’en eût-il été si ce pays n’avait pas été capable de résister à la gigantesque machine de guerre hitlérienne, d’en supporter pendant trois ans tout le poids, et de la briser seule, à Stalingrad, avant que les puissances de l’Ouest n’engagent une offensive terrestre ?
Ceci n’excuse aucun excès, mais permet seulement de les situer dans une perspective qui ne soit pas légendaire et haineuse.
D’autant plus que ces difficultés objectives ont été aggravées par les fautes des dirigeants soviétiques: l’émulation entre les deux systèmes économiques capitaliste et socialiste, fut, par exemple, viciée par une interprétation littéraliste, intégriste, des découvertes de Marx: Les lois de la «croissance» avaient été dégagées par Marx à partir de son exemple le plus parfait au XIXe siècle : l’Angleterre.
Ce qui avait été pensé au XIXe siècle, pour l’Angleterre, et comme mode de développement du capitalisme, fut, à partir de Khrouchtchev et de son mot d’ordre : « rattraper et dépasser les Occidentaux », appliqué en URSS, au XIXe siècle, et, dans un cadre « socialiste » centralisé jusqu’à l’absurde.
Le « modèle de croissance » capitaliste fut ainsi imité comme si la vocation du socialisme « était de faire le capitalisme mieux que les capitalistes ! »
Ce fut, naturellement, un échec car le système analysé par Marx ne pouvait fonctionner que dans les conditions d’un « libéralisme sauvage » et non dans un système étatisé, centralisé et autoritaire.
La rivalité de la « guerre froide » avec les États-Unis en matière d’armement, dans ces conditions, impliquait nécessairement la défaite soviétique.
D’autant plus, qu’imitant encore en cela le colonialisme occidental, les dirigeants soviétiques gaspillaient d’immenses ressources pour soutenir, à travers le monde, tous les pays cherchant, (à juste titre) leur libération du joug colonialiste, mais en prétendant leur imposer le système soviétique, totalement étranger à leur histoire, à leur structure, à leurs traditions (comme ils l’avaient fait d’ailleurs, au lendemain de la guerre, pour le glacis des États vassaux, à l’Est de l’Europe).
L’incapacité de Brejnev, l’imprudence de Gorbatchev, et finalement, la prostitution politique d’Eltsine, qui fut à la fois trahison et crime, conduisirent à l’implosion de l’Union soviétique.
Elle se déroula en trois étapes :
1)     Gorbatchev, avec le juste souci de « désidéologiser » le régime, commit l’erreur majeure (de 1985 à 1991), de croire qu’il n’y avait pas d’autre choix qu’entre le « goulag » et la « jungle » et amorça une « démocratisation » à l’occidentale, c’est à dire l’introduction d’une « démocratie » confondue avec la soumission aux lois du marché, et, par conséquent, le « dépérissement de l’État » confondu avec son effacement devant les lois du marché.
2) Cette politique aboutit au « putsch d’opérette » d’Eltsine contre le parlement en août 1991. Dès lors, toutes les maffias du monde capitaliste, et, en premier lieu, des États-Unis, grâce à l’équipe corrompue d’Eltsine, purent se déployer sans obstacles en Union Soviétique et l’inclure dans la sphère occidentale de la spéculation. Deux conséquences inséparables découlèrent de cette restauration du capitalisme :la montée foudroyante d’une poignée de spéculateurs (les uns venus de l’extérieur, les autres issus des renégats de l’ancienne « nomenclatura » soviétique) et, comme corollaire inéluctable, le chômage, la misère, le désespoir des multitudes.
3)    L’étape fondamentale finale fut la désintégration officielle de l’Union soviétique, où, malgré le référendum du 17 mars 1991, par lequel la majorité du peuple s’était prononcé pour le maintien de l’Union renonçant à la dissolution simultanée de l’OTAN et du pacte de Varsovie, fut acceptée la dissolution unilatérale du pacte de Varsovie qui aboutit à la honte la plus profonde de la politique d’Eltsine : le pacte fondamental Russie-OTAN, signé à Paris le 27 mai 1997, faisant de la Russie un pays vaincu, otage de l’OTAN.
D’autant plus que déjà, l’entente de Bielojieve, signé en Biélorussie, avait préfiguré la désintégration de l’Union en détruisant les liens de solidarité existant entre toutes les « républiques » de l’ancienne Union soviétique.
La Russie était ainsi ramenée quatre siècles en arrière, au temps où elle n’ était que la Moscovie. Ce qui avait été une superpuissance devenait un pays du Tiers Monde, fournisseur de matières premières, et dépôt pour le stockage des déchets polluants de l’Occident, sous la direction effective de spéculateurs cosmopolites.
Il est difficile aujourd’hui de prévoir les scénarios possibles de la renaissance russe :
–    Soit la restauration du capitalisme continue d’anéantir la Russie et de l’exclure d’une participation à la reconstruction d’une unité véritable du monde pour l’intégrer à la « mondialisation », c’est à dire` à l’hégémonie américaine.
–    Soit, hypothèse inverse, la Russie retrouve sa vocation orientale, celle que définissait déjà Dostoïevski dans son Journal d'un écrivain : « La Russie - écrivait-il - n’est pas dans la seule Europe, mais aussi en Asie ; le Russe n’est pas seulement un Européen mais aussi un Asiate. Il y a, peut être, plus d’espérance pour nous en Asie qu’en Europe. Dans nos destinées futures, l’Asie est peut être notre principale ouverture. »
Les communistes russes, dans un peuple dégrisé par la catastrophe qui a résulté de la restauration du capitalisme, semblent avoir tiré la leçon des erreurs passées du « Parti bolchevik ».
D’abord, en ce qui concerne, en face du monothéisme du marché et de la décadence qu’il induit, la primauté de la recherche du sens, de la « spiritualité ».
Il est significatif que Ziouganov, le chef actuel du Parti communiste russe, président de l’Assemblée nationale dans son livre La Russie après l’an 2000 reconnaissant l`importance de la spiritualité, c'est-à-dire de la recherche du sens de nos vies personnelles et de notre commune histoire, écrit: « La politique de l’État doit viser à soutenir l’Église orthodoxe russe et d’autres confessions traditionnelles en Russie dans leurs efforts en vue de consolider les assises morales de la société1[3]. »
A l’égard de la Chine : « La Chine donne sa réponse propre au défi économique de l’Occident. Cette réponse repose sur l’éthique confucéenne traditionnelle d’assiduité au travail et de modération, mais aussi, et simultanément, sur la réalisation de la période historique socialiste1[4]. »
A l’égard de L’Islam : « Dans l’Islam le pouvoir est avant tout un devoir, une épreuve et une énorme responsabilité. Il ne fait aucun doute que le rapport à l’État en Russie, le regard russe sur le rôle de l’État dans la société sont beaucoup plus proches des vues islamiques que des conceptions occidentales1[5]. »
De cette attitude à l’égard de la spiritualité une conception neuve de la politique extérieure russe : « La complexité de la situation historique de la Russie tient à ce que notre État se trouve à la jonction des civilisations de l’Occident et de l’Orient … nous ne sommes pas aujourd’hui en mesure de stopper l’extension de l’OTAN. Mais nous sommes à même de refuser le rôle contre-nature et inepte d’acteurs d’endiguement de la Chine et de l’Islam que l’on s’efforce de nous imposer de l’extérieur1[6]. »
Alors que les États-Unis visent désormais ouvertement à établir leur hégémonie globale la Russie et le monde islamique sont « condamnés à être des alliés stratégiques dès lors qu’ils sont également intéressés à éviter une telle évolution des événements1[7]. »
De même : « Ces derniers temps, on a vu se dessiner un rapprochement politique entre la Russie et la Chine avec la perspective de l’établissement d’un partenariat stratégique entre nos deux pays. Et c’est loin d’être fortuit ; les événements qui se produisent sur la scène internationale montrent qu’un même destin historique rapproche inéluctablement la Russie et la Chine … un ensemble de raisons objectives mettent aussi bien la Russie que la Chine dans une opposition à long terme avec l’Occident1[8]. »
Ces raisons objectives sont aisément perceptibles à la lumière de la situation catastrophique du peuple russe depuis la restauration du capitalisme.
« La cause principale du mal est la tentative de restauration du capitalisme qui sape les assises matérielles et spirituelles de la société et de l’État1[9]. »
Le problème est aujourd’hui de savoir si la Russie parviendra, sur le plan intérieur, à s’épouiller de la maffia américano-sioniste qui, en mettant la main sur son économie au profit de spéculateurs, veut l’intégrer aux plans de « mondialisation », c’est à dire d’américanisation du monde. Libérée de cette pieuvre, il resterait à la Russie à établir des liens, non plus de domination comme dans l’ancienne Union Soviétique, mais de fédération fraternelle, avec la Biélorussie, l’Ukraine et les républiques d’Asie Centrale.
Alors, elle pourrait jouer un rôle de premier plan dans la réalisation de ce que nous avons appelé, en opposition à la « mondialisation » impériale, une unité symphonique du monde, qui mette fin à toutes les hégémonies, à la cassure du monde entre le Nord et le Sud, à l’arasement des identités et des cultures.


Roger Garaudy, extrait d'un texte (1995-1996) inédit

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