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Publié par BALCHOY

 

CHAPITRE II : L’institution dans la Religion, Communauté et Liturgie

 

Comme Durkheim l’a bien montré, la religion est une expression collective des sentiments de désir et de crainte de la tribu.

Pour qu’un ensemble d’homme constitue un peuple, il faut en effet que les individus qui le composent aient en commun un but, un destin, un idéal commun. Il faut, de plus, que le groupe dispose d’une mémoire collective plus ou moins mythique qui lui rappelle son origine. S’il n’en n’a pas, il s’en forgera. (Cf. la Chanson de Roland en France, la Genèse en Israël.)

Enfin, il va sans dire que dans le présent cette communauté doit être structurée, prendre conscience de son unité par des institutions. Un peuple, c’est comme un groupe unifié par une triple référence à un passé, à un présent et à un avenir. L’homme a besoin de s’exprimer à lui-même cette triple dimension de la communauté dont il fait partie.
La Religion joue un rôle capital dans la constitution d’un groupe social, car elle prétend donner une réponse se répercutant au plan de ces trois dimensions.

Au départ, il y a souvent confusion entre le chef politique et le grand prêtre. Le souverain délègue parfois une part de sa fonction à des prêtres, en restant Grand Prêtre. Il n’officie plus qu’à de grandes fêtes nationales.

Peu à peu, l’organisation du culte exige la création d’institutions religieuses, calquées en général sur les institutions civiles, mais se différenciant d’elles. Il y a une grande union entre l’Eglise et l’Etat.

Pour exprimer cette triple dimension de la communauté dont il fait partie, pour la vivre et la recréer, le peuple célèbre des liturgies.

La liturgie au sens large du terme, c’est l’action par excellence d’un peuple, celle où il revit son passé dans un passé ouvert sur un Salut à venir. Peuple et Liturgie sont si liés qu’on n’imagine aucun peuple original sans liturgie, de même d’ailleurs qu’il ne peut exister de liturgie sans réelle communauté. Voilà pourquoi l’ethnologie, science qui étudie les peuples, commence généralement par l’étude des rites, des cérémonies et du culte.

La liturgie, expression cultuelle de la religion, joue même un rôle si important au sein d’un peuple, qu’on peut y voir le moyen privilégié qui mène une collectivité humaine à former une communauté, c'est-à-dire qui mène une collectivité humaine à former une communauté, c’est à dire qu’on peut y voir le catalyseur d’un peuple. L’union ainsi réalisée est si forte parfois que l’individu peut disparaître au profit de la communauté qui devient un Tout ou un but en soi.

Il y a des « liturgies profanes », le JEU, par exemple, activité réglée qui a sa fin en elle-même sans viser une modification utile du réel.

La fête vient apporter, au temps continu de la vie ordinaire une rupture. Souvent ce qui est habituellement interdit devient licite ou possible durant les fêtes. Le carnaval est un reste de la fête primitive dans le contexte d’une civilisation technique. Il semble que les « jeux antiques » qui délimitaient les périodes d’un siècle, ont pour descendants les guerres, périodes où ce qui est habituellement interdit devient licite ou même obligatoire. Nous disons actuellement « Avant 14 » ou « Après 40 ».

Si, au départ, Religion et Etat sont unis, au fur et à mesure que la spécialisation de la Religion se développe, le concept d’individu différent de celui de membre de la communauté, se forme et la religion devient une affaire personnelle.




 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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