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Publié par BALCHOY

 

 

 

L’expiation qui suit la violation d’un tabou prouve que c’est bien une renonciation à un désir qui est à la base du tabou. Remarquons que l’homme qui a enfreint un tabou, devient lui-même tabou, car il possède la faculté dangereuse d’inciter les autres à suivre son exemple. Il est impossible de démontrer que les tabous des primitifs proviennent de prohibitions imposées de l’extérieur par des générations archaïques. De toute façon, ils constituent une législation maintenant les tendances sociales. Freud donne quelques exemples :

 

a)      attitude envers les ennemis

 

Le meurtre d’un ennemi s’accompagne souvent de cérémonies de réconciliation avec le tué et d’actes d’expiation. En Océanie, les guerriers qui ont versé le sang, renaissent à la vie civile en passant entre les jambes des femmes.

 

b)      La tabous des Seigneurs.

 

La force des chefs a besoin de protection et on s’en protège. Ainsi un attouchement voulu par le roi pour avoir une force curative. (Cf. vocation d’Isaïe, Jésus et la femme hémorroïsse), tandis qu’un attouchement même involontaire avec la personne du roi peut être coupable. Dans la Bible, voir Dieu, c’est mourir. Aussi on isole d’un mur « cérémonial » chefs et prêtres à cause

du danger (pour eux et pour les autres) qu’ils représentent. Ambivalence des sentiments : amour- hostilité (ce qui est constaté en psychanalyse : forte agressivité refoulée peut s’exprimer par une tendresse exagérée).

 

Tabou et obsession satisfont à la fois la tendance réprimée et la tendance réprimante, d’où résulte une contradiction apparente des actes des obsessionnels (scrupuleux)

 

La situation de la femme dans un certain monde illustre bien cette ambivalence ; elle est mise en vedette, mais limitée par le fait même dans sa liberté.

 

c)      Tabou des morts.

 

Le contact avec des défunts rend impure en beaucoup de peuple, sans parler du deuil à porter. Selon la psychanalyse, cette mort représente peut-être une satisfaction refoulée et on en a peur. Par un mécanisme de projection, on rejette sur le mort l’agressivité et l’impureté qui sont en réalité en soi. C’est ainsi que les morts deviennent dangereux.

 

Freud se demande alors le pourquoi de la conscience humaine morale. A ses yeux, c’est la perspective interne du rejet de certains désirs que nous éprouvons, étant bien entendu que ce rejet n’a pas besoin d’invoquer des raisons quelconques car il est sûr de lui-même. Le tabou est un commandement de la conscience morale du primitif. Il commence toujours par des choses qu’on désire faire.

 

Freud fait un parallèle entre la névrose et le tabou. Dans le tabou, il y a prédominance des tendances sociales sur les tendances sexuelles ; dans la névrose, c’est le contraire. Ceci montre, écrit Freud, que le désir sexuel est impuissant à unir les hommes. A son point de vue, la névrose est nécessairement asociale (évasion de la société) :

 

-         L’hystérie = déformation du sens esthétique.

-         La névrose obsessionnelle = déviation du sens religieux.

-         La manie paranoïaque = système philosophique déformé.

 

Dans ces trois cas, l’individu névrosé veut réaliser avec des moyens particuliers, individuels ce que la société réalise par le travail collectif.

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 

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