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Publié par BALCHOY

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2ème PARTIE : PHENOMENOLOGIE DE LA RELIGION

 

 

Chapitre 1 : Le fait religieux, son origine, sa spécificité.

 

Nombreux sont les chercheurs qui voient dans la magie l’origine des religions. Je penche plutôt pour la thèse contraire. La magie est née lorsque l’homme, par la technique, a pris conscience de son pouvoir sur la nature.

 

Van der Lééuw : « Pour l’homme de mentalité magique, il n’est pas de plus beau symbole que Chantecler, persuadé que le soleil se lève à son chant jusqu’au jour où il s’aperçoit un bon matin que le soleil est là de lui-même. »

La Magie pure (vous serez tous des dieux) est plus un « vouloir » qu’une pensée.

 

D’autres ont tendance à réduire le religieux au moral. La Religion est le dernier bastion de l’humanité. Pour certains, l’expression : « Même le moral se perd aujourd’hui » exprime la dégradation ultime du religieux. La Philosophie de Kant, en identifiant la Religion à « la connaissance de ses devoirs comme des commandements divins » a une certaine responsabilité dans la réduction morale de la religion.

 

La Religion enfin ne se confond pas non plus avec l’approche purement philosophique de Dieu. Le déisme (Cf. la définition de Hegel, plus haut. Beaucoup d’hommes aujourd’hui, pour échapper à la note péjorative (pour combien de temps encore ?) de l’athéisme, se réfugient dans un théisme qui signifie peut-être, dans les conditions actuelles, le chemin le plus court vers un athéisme pratique d’abord, puis plus tard théorique. La Religion répond à des préoccupations vitales et non seulement intellectuelles.

 

Comme l’indique l'étymologie latine, qui dit Religion parle de Relation. Savoir qu’il existe un « Principe suprême », un Absolu de qui tout provient, ne change pas « en soi » un « iota » à ma vie. Or l’homme recherche dans la religion un sens à sa vie humaine. Le déisme ne se situe pas à ce niveau-là. Cf. Voltaire : Le monde est une vaste horloge et je ne le conçois pas sans un horloger.)

 

Je ne veux pas dire qu’une approche rationnelle est incapable d’être religieuse, mais elle ne sera pas Religion, car elle n’est pas le fait d’une communauté. Personnellement je ne crois pas à une certitude rationnelle concernant l’existence d’un Dieu s’intéressant à l’homme, sans une Révélation prétendant nous donner une image de Dieu (souvent déformée) venant de Dieu Lui-même, ou à tout le moins une construction de l’homme pour exorciser les menaces et les énigmes qui l’entourent, une espérance concernant le sens de l’avenir humain. La Religion est donc nécessairement un déisme + une anthropologie.

 

En revanche, on ne qualifiera pas de religion, pour les mêmes raisons, de l’humanisme pur, c'est-à-dire enroulé sur lui-même (Cf. la religion de la science d’Auguste Comte). Pour qu’il y ait relation, deux interlocuteurs sont nécessaires. Dans un vis-à-vis en face de lui, l’homme se trouve en présence d’une doctrine de Salut, mais pas d’une religion. Ainsi le Bouddhisme du « petit véhicule » ne constitue pas à proprement parler une religion. La tendance à réduire le Christianisme à un pur humanisme, si elle entend par là que l’homme est seul dans l’univers supprime incontestablement le Christianisme comme Religion.

 

Nous avons vu qu’il est plus difficile de situer la cosmobiologie vis-à-vis de la Religion En fait, elle est toujours religieuse en vertu de divers syncrétismes. Cependant, même à l’état pur, elle semble conserver la religion en l’horizontalisant (vénération de la grande déesse Mère, dont le substitut premier est la Terre) La cosmobiologie a certainement une signification anthropologique. On peut donc lui reconnaître un certain caractère religieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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