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Publié par BALCHOY

 

 

C) SYNCRETISMES OU LE SACRIFICE CONSTITUE ENTRE LUI_MÊME EN JEU.

 

1)      Cosmobiologie mystérique.

 

Outre le courant « religieux », une autre tendance, dans les sociétés primitives, qu’on pourrait appeler « cosmobiologique », par laquelle l’homme s’efforce de s’harmoniser à la vie du cosmos ou bien à prendre contact avec l’ancêtre primordial afin de revivre son sort et d’accepter son destin. Cette cosmobiologie est née plus spécialement dans les milieux agricoles.

 

La cosmobiologie n’est pas une religion. Elle considère le cosmos comme une entité vivante où chaque être, par exemple, est soumis au cycle : naissance-génération-mort. Tout vivant vient d’un mythe concernant l’origine des plantes (Si le grain ne meurt…)

 

L’homme éprouve le besoin de jouer ce mythe. C’est le jeu rituel de l’initiation qui consiste à reproduire le cycle mort-vie. Il faut être né deux fois pour être vraiment un homme.

Il faut naître une deuxième fois consciemment. Le rituel est essentiellement symbolique et ce n’est qu’à un stade tardif qu’il devient réaliste.

 

Seules les civilisations plus « évoluées » pratiquent en effet ce que nous appelons « le sacrifice humain ». (1)

 

(1)   Les sacrifices chez les Aztèques ont une signification plus cosmobiologique que religieuse. En Amérique du Sud on en est venu à égorger 62 344 hommes prisonniers pour la plupart, pour la consécration d’un temple. Quand le complexe de sang commence à jouer au-delà de tous les interdits primordiaux, il ne connaît plus de limite.

 

La célébration est le mot essentiel pour le rituel agraire. Elle est non seulement représentation de l’évènement primordial, dans le mythe, mais des évènements actuels ; elle est prise de conscience d’une situation existentielle de la structure présente du monde.

 

Le rite cosmobiologique n’est pas un culte mais la représentation (présentation à nouveau), la prise de conscience de la structure de l’univers. Ces rites sont associés au choc que reçoit l’agriculteur en reconnaissant dans son travail agraire lui-même sa propre condition humaine. Ainsi l’homme découvre que sa situation a un sens.

 

La naissance, la vie, la mort nous font réellement participer à la structure cyclique de l’univers. Il n’est pas question de magie, car on n’exerce aucune contrainte, on cherche on contraire à adhérer.

 

Lors de certaines initiations, souvent, les enfants sont battus ou exposés aux fourmis ou bien encore conduits au loin dans la brousse.

L’enfant-adolescent est parfois couché sur le sol, recouvert de feuilles, « tué » rituellement, puis « réveillé » par un personnage qui représente le chef de tribu ou l’ancêtre primordial ; dans d’autres tributs, l’enfant doit passer la nuit dans la gueule d’un monstre.

 

A la suite de l’initiation, l’initié ne doit plus reconnaître personne, pas même ses parents, il lui faut réapprendre à marcher, parler comme un nouveau né.

 

La circoncision et diverses autres pratiques de mutilations accompagnent ces initiations. Il arrive qu’on séquestre les filles durant une certaine période ; à leur sortie, on utilise la MANA dont elles sont censées surabonder au profit de la communauté ; on leur fait toucher hommes et bétail.

 

Dans l’idée de célébration intervient la notion de participation : se comporter de la manière dont un être se comporte, c’est être un peu cet être. Il suffit de s’identifier rituellement à une autre entité pour devenir comme elle, sans cependant que la distinction entre les êtres disparaisse.

 

L’homme prend conscience, dans la célébration, qu’il est créé et que ce qui l’entoure est occasion de contact avec le Seigneur auquel la célébration est adressée ; ce personnage n’est pas Dieu.

 

Le seigneur n’est pas seulement objet de la prière au cœur de la célébration, mais objet de celle-ci. On commémore la création en l’actualisant. On veut prendre conscience que notre existence n’a de sens que dans et par l’harmonie avec toutes les puissances du cosmos. (2)

 

(2) Cf. la reconstruction de la « Maison de la vie nouvelle » chez les Algonquins, qui remet devant les yeux la structure réelle du cosmos. Chez les Hereros, en Afrique, on trouve villages curieusement construits en cercle ; les huttes des hommes et des femmes, séparées, celle du chef, sont disposées en fonction de la constitution du Cosmos. Ainsi toute la vie d’une tribut est marquée par le sacré.

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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