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Publié par BALCHOY

3) Sacrifice et péché.

 

Le sacrifice n'est pas né du péché, mais il y tend, non en vertu de son essence originelle, mais à, cause de certains aspects de sa forme syncrétique. Les prémices, dont sont sortis d'une certaine manière les sacrifices, n'ont rien à voir avec la notion de péché.

 

Pour le Fuégien, par exemple, le seul moyen de réparer un péché, c'est de ne plus le commettre. La seule idée qui est impliquée dans les prémices primitives, c'est d'accepter sa condition humaine et surtout la mort.

 

Nul effort pour se sauver du mal. On se contente de reconnaître en tout le domaine de Dieu. Faute de technique de production, en effet, les primitifs ne s'imaginent pas qu'ils puissent transformer l'univers d'une façon positive ou négative.

 

Le sacrifice ne se réfère pas à la chute primitive. (Cf. la Genèse) Dans la Bible, c'est seulement après l'exil que le sacrifice devient acte de réparation pour toutes les fautes individuelles, familiales mais jamais pour le péché du premier homme.

 

Dans les rites pastoraux qui prennent la forme du "don", l'idée de péché n'est entrée qu'avec l'animisme dont le rituel est plutôt pessimiste. Il faut partager les biens avec les esprits qui, sans cela,  risquent de devenir malfaisants. Cet aspect négatif attire normalement à lui la notion de péché. C'est le sacrifice.  Dans le rituel sacrificiel constitué, l'élément matériel est déjà lié à la notion de péché. Le sang l'y a amené.

 

Verser le sang, c'est faire agir la force vitale. Il a fallu initialement vaincre une terrible peur pour oser manipuler cette force vitale (angoisse,  désir de guérir d'une maladie grave, apaisement de la colère d'esprits offensés.)

 

Cette réflexion sur la genèse et la constitution du sacrifice s'oppose aux idées de beaucoup d'ethnologues partant d'une définition "à priori".

 

Des esprits, dans des civilisations plus élaborées, on est passé à Dieu et on s'est mis à verser le sang pour apaiser la colère divine. Le sacrifice est dès lors devenu propitiatoire.

 


L'idée de sacrifice n'est pas universelle, elle n'existe vraiment que là où existe une mentalité théiste et c'est loin d'être général.

 

De plus, le sacrifice n'est né que lorsque l'animisme et la magie sont venus influencer les populations théistes, ce qui n'est arrivé qu'à un stade déjà assez avancé d'évolution historique.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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