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Publié par BALCHOY

 

2)      Le sacrifice comme syncrétisme.

 

Le sacrifice révèle la conscience religieuse fortement théiste aux prises avec un des rites animistes et magiques qu’elle réussit à dominer à cause de sa notion du Dieu vivant.

 

Le problème du sacrifice se pose là où le rituel animiste et magique est assimilé par une mentalité théiste et reçoit ainsi une nouvelle signification.

 

C’est ainsi que les Pasteurs d’Asie centrale, devenus en quelque sorte possesseurs de leurs troupeaux, s’efforcent de « nier » vis-à-vis de Dieu ce droit qu’ils se reconnaissent vis-à-vis de leurs semblables. (Cf. le tâtonnement des Samoyèdes)

 

Nous avons vu de même que la notion de sacrifice sanglant a été empruntée par les pasteurs aux civilisations animistes ou magiques, dont ils avaient d’ailleurs eux-mêmes quelques éléments dans leur propre culture.

 

Le danger réside dans le fait que cette combinaison, qui unifie le rituel au niveau le plus ambigu, risque de rabaisser l’idée de Dieu qui devient alors quelqu’un qui reçoit.

 

Le risque est d’arriver ainsi à un dieu sanguinaire ; les mongols ont réagi contre ce danger en rendant Dieu plus transcendant.  Or là, ils sont arrivés au Monothéisme qui apparaît en Histoire des religions comme une conséquence et non une cause du sacrifice.

 

Le rite ambigu n’est pas exclu mais il est corrigé d’une façon spéculative. Ces rites deviennent alors des obligations qui résultent du bon vouloir divin. Ce n’est pas un don à fond perdu entre un être de basse condition et un grand Seigneur, mais un droit absolu de Dieu qui a le droit d’exiger l’anéantissement de la créature.

 

On insiste en conséquence sur la qualité et la quantité de la victime offerte.

 

On détruit, non plus seulement pour dire que Dieu possède mais parce que l’homme n’a pas le droit de posséder (le premier mâle par exemple) On détruit la plus bel animal, le plus aimé, celui où on a mis le plus de sa personne. Ainsi le sacrifice amène une plus grande spiritualisation. Ce que l’on nie devant Dieu, c’est le meilleur de soi-même.

 

On accepte avec foi, sans les comprendre, les exigences de Dieu (Cf. la Thora liée à l’Alliance chez les Hébreux) En réaction spirituelle contre la matérialisation excessive du rite sacrificiel, on tente de faire de celui-ci un acte d’obéissance absolue (destruction).

 

La quantité de l’offrande a aussi un rôle à jouer. L’homme ne peut limiter à son gré ce qu’il adresse au Dieu céleste. Le travail de destruction, en contrecarrant en quelque sorte le travail de l’homme, favorise la spiritualisation de l’idée de Dieu.

 

On arrive ainsi au résultat opposé aux prémices primitives pour manifester pourtant le même état d’esprit (Soumission à Dieu)  L’homme n’a pas à sa libre disposition le droit de tuer.

 

Seule l’histoire peut expliquer cette apparente contradiction. Pour arriver au monothéisme, on a du passer par le polythéisme. Le sacrifice spirituel a été rendu possible par le sacrifice matériel.

 

Le sacrifice est donc un syncrétisme originel. C’est le seul cas de syncrétisme qui a maintenu et purifié l’idée d’appartenance au Dieu céleste.

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

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