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Publié par BALCHOY

 

 

 

Chez les « agriculteurs de céréales », on trouve des prémices plus ou moins magiques. Tous connaissent sous des formes diverses la « défloration magique ». Au moment de la récolte, le premier qui va s’attaquer à la récolte de la « vie » court un danger. Il faut bien que quelqu’un commence. Or tout commencement est dangereux, ainsi d’ailleurs que tout ce qui est neuf (vêtement, mariage à consommer).

On choisit donc quelqu’un qui pourra supporter le choc.

 

Dans certaines tributs, on prend un garçon et une fille, on éteint les feux, puis ce garçon et cette fille les rallument ; ensuite on les enterre vivants. De même, avant de commencer à abattre un arbre, on fait donner le premier coup par un enfant.

 

Dans la civilisation supérieure, ce sera le « prêtre » qui tiendra ce rôle. Seul, lui, peut déflorer une vierge. Durant le Moyen-âge, ce rôle était souvent dévolu au Seigneur : c’est le droit de « cuissage ». Il ne s’agit pas ici de sacrifice (au sens de don précieux) mais de magie primiciale. Cette évolution traduit une évolution religieuse. sous la formed’une intervention humaine face à la vie. Celle-ci est quelque chose de dangereux (reste de l’ancienne mentalité théiste qui y voyait une possession de Dieu), soit en elle-même (tendance magique), soit parce que les esprits jaloux la disputent (animisme).

 

c)      Le rite paléarctique des chasseurs spécialisés (Esquimaux, Samoyèdes)

 

Les chasseurs disposent de techniques de chasse très développées, mais leur sociologie n’a guère évolué. Au plan  religieux, leur attitude diffère sensiblement des civilisations précédentes.

 

Le chasseur tropical, nous l’avons vu, apparaît comme quelqu’un qui a choisi (spécialisation historique) la chasse par rapport à la cueillette. En revanche la chasse devient la seule ressource vitale des habitants des zones arctiques. Aussi ont-ils développé surtout leurs techniques en ce domaine, tout en conservant néanmoins certains aspects de la civilisation de la cueillette.

 

Le rite tout à fait original du rite paléo-arctique consiste dans le dépôt des crânes avec la cervelle, les os longs et la moelle. (Cela se faisait encore au XVIII ème siècle chez les Lapons de Finlande, encore païens)  Il s’agit ici d’une mutation quantitative de la matière objective du rite.

 

Contrairement donc aux prémices originelles, l’homme donne ici vraiment quelque chose. Mais ce rite, à l’opposé de ce qu’on pourrait prévoir, n’aboutira pas en fait aux sacrifices. Le paléo-arctique ne peut accepter l’idée que l’homme puisse offrir quoi que ce soit à Dieu ; les animaux ne sont pas en effet leur propriété. Ils ne peuvent non plus se faire à l’idée de renoncement.

 

Aussi les Samoyèdes, pour priver "d’utilité " leurs rites, se mettent à gratter les os et à en enlever la moelle. Ils ne présentent plus dès lors que le « « crâne » vide » et les « os grattés ».

Devenus en un sens propriétaires de leurs troupeaux, mais ne pouvant les considérer comme tels devant Dieu, leurs rites sont un peu tâtonnants.

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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