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Publié par BALCHOY

 

 

Chez les Négrilles d’Afrique occidentale, on a bien observé le rite du « meurtre du varan ». On tue cet animal ; puis après divers rites accompagnés de danses sacrées, tandis que certains morceaux de l’animal sont jetés au feu, on partage les restes en une sorte de repas sacré. Une partie est attribuée à Khmvoum (Être suprême) ou Magbé, Toré (autre nom de la divinité), une partie est réservée au chef et le reste est réparti entre tous.

 

La position des prémices par rapport à la mort est tout le contraire de la notion traditionnelle de sacrifice (mise à mort pour Dieu).

 

 Le rite accompli veut supprimer un obstacle à la manducation (non cultuelle). Entre la mise à mort (utilitaire et donc non rituelle) et la manducation naturelle, le rite veut faire obstacle à ce que pourrait avoir d’immoral la mise à mort et la manducation d’un être appartenant à l’Etre suprême.

 

 

2) Evolution des Prémices en d’autres milieux.

 

a)      Dans les civilisations de chasse.

 

Dans la civilisation intermédiaire de chasse-cueillette, on trouve toujours des cas de prémices. Quand les Algonquins ont tué un ours, ils jettent une partie des viscères dans le feu. C’est toujours pour indiquer la reconnaissance par eux du droit du Maître de la forêt sur toute vie.

 

Par contre, chez les chasseurs les plus spécialisés (Amazonie, Patagonie) les prémices prennent un sens notablement différent. Le maître de la chasse n’est plus en relation avec l’Être suprême ; La technique (piège) complique la relation entre l’homme et sa proie et, partant, avec le Maître de la chasse.

 

L’homme remarque qu’il peut organiser et exploiter la création d’une façon systématique. Il se sent des pouvoir mystérieux par l’intermédiaire de « sorciers » ; il possède une science magique et technique (poison par exemple).

 

Le Maître des animaux et de la chasse auquel les prémices sont offertes est  tantôt un petit nain poilu avec les pieds à l’envers ou un animal mythique (éléphant gigantesque qui s’élève jusqu’au ciel, ours énorme)  Cette entité incarne pour eux le Maître de la Nature.

 

Mais ces prémices sont devenues magiques en ce sens que le Maître des animaux a besoin de retrouver un morceau de l’animal tué afin de le reconstituer. Il est défendu d’en manger les os. Il faut les remettre dans un endroit spécial au Maître des animaux. On en arrive ainsi à une sorte de sur-rituel. Le Maître des animaux n’est plus Dieu mais une sorte de Surveillant général.

 

b)      chez les agriculteurs

 

Chez les « Planteurs », les prémices végétales sont offertes à la Déesse Terre ou aux morts. Ceux-ci font pousser les plantes par les racines. Ces prémices sont célébrées presque toujours sous la forme de repas de plantes cuites. Le milieu est ici imprégné d’animisme. L’idée de commensalité, de dépendance des esprits à l’égard de ceux qui les nourrissent prévaut. Les formules utilisées sont encore d’inspiration théiste : « Père, reçois… » Mais ce n’est plus là qu’un rite et une formule qui ne recouvre plus le sens primitif. On voit là clairement qu’il s’agit d’un reste des anciennes prémices qui sont peu à peu disparues lors des changements de civilisations.

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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