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Publié par BALCHOY

AVANT PROPOS

 

a)  Nature de l’histoire des religions.

 

L’histoire des religions, comme son nom l’indique, est une HISTOIRE et donc relève du genre historique en général. Toute histoire cherche à reconstituer le passé d’une partie de l’humanité, d’une civilisation, d’un peuple, d’une institution. Il lui faut en conséquence remonter aux faits, établir leurs relations et rapporter aussi fidèlement que possible la vie.

C’est évidemment une tâche difficile. Les risques d’erreur sont nombreux. A la différence des sciences qui pratiquent l’observation directe, l’histoire ne travaille plus que sur un objet disparu ; elle ne peut plus l’atteindre que par les traces matérielles qu’il a laissées dans le temps et l’espace et qui relèvent de l’archéologie, traces de nature bien plus psychologique aussi, tels les récits écrits et bien encore transmis par la Tradition orale. Seuls ces vestiges souvent fragmentaires ou incomplets nous permettent de retrouver l’objet de l’histoire. La critique historique, science propre, au service de l’histoire, a pour raison d’être de rechercher et de discerner la valeur intrinsèque de ces souvenirs du passé.

 

L’histoire n’a donc pas et ne peut pas avoir la prétention de retrouver l’entièreté du passé. Certains évènements n’ont laissé aucune trace et donc l’histoire est incapable de les prendre pour objets. Il ne faut jamais perdre de vue la différence entre le fait réel vécu et le fait historique.

 

Seignobos signale que le caractère historique n’est pas dans les faits, mais dans le mode de connaissance. (1)

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Langlois et Seignobos : Introduction aux études historiques, Paris, Hachette 1905, reste un classique ; il convient de tenir compte sa tendance rationaliste.

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Tous les faits réels, atteints par la voie de l’histoire, sont historiques, mais de ce que certains ce ces faits échappent à l’investigation historique, on ne peut rien conclure contre leur réalité. De plus, il est évident que tous les faits dont on retrouve des traces ne présentent pas le même degré de certitude. Les renseignements dont dispose l’historien sont souvent trop peu nombreuses pour permettre une connaissance totale de la réalité historique. L’historien n’a le droit d’affirmer que dans la mesure où il est certain des faits et des relations entre les faits. Il doit être prudent dans sa recherche.

 

L’histoire, enfin, est un art, dans la mesure où elle doit autant que possible rendre vie à des traces matérielles ou psychologiques qui, alignées les unes à la suite des autres, feraient tout au plus de la compilation. L’historien doit donc être suffisamment psychologue pour reconstituer quelque peu les intentions secrètes des personnes dont il retrace les actions et pour mettre à nu leur caractère et leur tempérament.

 

Quant à l’histoire des religions, elle est de par sa nature particulièrement orientée sur les problèmes d’origine et sur les mœurs des peuples parfois très peu connues et accessibles.  Elle commence, note M. Petit, dans son ouvrage sur le « Phénomène religieux », lorsqu’apparaît la première critique religieuse, lorsque l’homme prend un peu de recul par rapport à sa foi, lorsqu’il ne coïncide plus exactement avec elle, lorsqu’il confronte ses idées philosophiques, ses sentiments moraux avec les dogmes, les mythes, les rites que lui offre la religion traditionnelle. (2) Ce recul, bien entendu, n’implique pas nécessairement rejet, il peut être seulement méthodologique.

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(2) M. Petit : Le phénomène religieux, Introduction à l'histoire des religions, col. Les religions du monde, Bloud et Gay,

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Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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