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Publié par BALCHOY

 

Nous préférons partir d’un sacrifice déterminé, par exemple, les prémices ou le sacrifice dit « Olympien », dans lequel on n’offre au dieu que les os de la victime. Au lieu de nous laisser aller à l’explication facile du dernier stade historique de ce sacrifice (on offre les os, c’est du solide, tandis que la chair, élément éphémère, ne convient qu'aux hommes), il convient de remonter jusqu’à la civilisation des Samoyèdes, qui nous offre une compréhension plus historique de ce rite terminal.

 

Nous ne considérons pas les primitifs comme les représentants authentiques de la première race humaine ; c’est à juste titre contesté ; mais ils nous permettent de nous imaginer ce que devait être la vie humaine et religieuse des premiers hommes.

 

Nous verrons la complexification du rituel primitif, au fur et à mesure qu'on passait à des formes de civilisation plus structurée.

 Nous verrons aussi les interférences entre la mentalité théistes (Dieu personnel), la mentalité animiste (centrée sur le culte des ancêtres) et la mentalité magique (contrainte sur le « sacré » qu’on met au service des hommes.)

 

 

A)   Rites préliminaires qui sont à l’origine du sacrifice.

 

1)   LES PREMICES

 

On les trouve surtout là où règne la civilisation de chasse.

Les prémices originelles ne sont pas des sacrifices, au sens strict, mais un rite d’offrande tout à fait particulier, puisqu'il exclut la possibilité même pour l’homme de faire un « don » à la divinité, et se veut plutôt un acte de Révérence et de Reconnaissance de la souveraineté de Dieu sur tout le créé. (Pygmées en Afrique, Negritos aux Philippines, Algonquins en Amérique)

 

En quoi consistait ce rite ?

Chez les Pygmées et les Négritos, avant de dépecer l’animal, on détache un tout petit morceau, près de l’oreille ou du museau ; ce morceau est souvent sans valeur comestible ; on le jette dans la forêt en disant : « CECI EST A TOI » (et non pas: CECI EST POUR TOI)   (1)

 

(1)   Cf. SCHEBESTA, ouvrage cité, page 181

 

Ce « TOI », c’est quelqu'un, l’Esprit, le Maître des forêts, hypostase ou représentation inférieure du Dieu céleste. Nous sommes donc en milieu théiste. Le petit morceau détaché de l’animal désigne plutôt la « VIE ». On le dépose parfois sur une feuille propre, par terre, puis on ne s’en occupe plus.

 

Lorsqu’un arc-en ciel apparaît à un Pygmée en chasse, il s’arrête et offre au Créateur les prémices du premier animal tué en disant : « Pour Toi, j’enlève ce morceau, c’est à Toi qu'il appartient, à Toi seul. »

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 

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