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Publié par BALCHOY

La philosophie des lumières vient définitivement mettre fin à la situation culturelle du Moyen-âge, caractérisée par l’à priori suivant lequel l’ordre temporel, moral, la cité humaine, politique doit être mis en harmonie et même conférer la foi chrétienne, ce qui donnait :

 

-         au plan politique : confusion du sabre et du goupillon, de la couronne et de la tiare = chrétienté.

-         Au plan intellectuel : la raison servante de la théologie.

-         Au plan moral : une règle précise et autoritaire imposée par l’Eglise à l’ensemble des citoyens, croyants et incroyants – L’Eglise se considérant comme responsable de l’ordre,  refus de toute idée de "nature humaine" au nom d'une morale reposant purement sur un "projet" de l'homme.


  Parallèlement : le roi qui tenait son pouvoir de Dieu, le tient de la Raison puis de la Volonté populaire ; enfin on en vient au refus d'autorité...

 

En fait ce travail de laïcisation s'est opéré lentement ; sous le régime monarchique, les institutions restaient chrétiennes, l'Eglise a gardé longtemps (encore aujourd'hui parfois) un contrôle directeur, mais souvent ce n'est plus qu'un paravent qui cache une incroyance grandissant rapidement, d'autant plus que la Foi, à tort, se croit à l'abri, .

 

Cependant le Rationalisme n'est pas, loin s'en faut, la seule raison de cette crise religieuse ; celle-ci est due aussi en grande partie à la naissance d'une nouvelle mentalité nourrie et enracinée dans les sciences positives.

 

En ce dernier siècle, la science devient quelque chose de tout à fait nouveau et envahissant. Elle connaît une accélération incroyable. Elle nous ouvre sur l'infiniment grand et l'infiniment petit qui déconcentrent l'homme dans l'univers et le désorientent. Elle remet en question tout un ordre de vérité auquel une certaine formulation de la Foi tenait.

 

Enfin elle devient un phénomène de masse, ce qui généralise les points précédents. De tout cela il résulte que l'homme est placé, pour ainsi dire, devant un nouveau destin, de nouvelles données ; il se sent et se croit responsable de son destin (génétique, embryologie). Cette évolution l'inquiète et l'enthousiaste.

 

     -"L'homme est plus puissant que jamais, mais il n'a plus de critère pour utiliser judicieusement cette puissance. (droit de vie et de mort)

 

Tenant à présent, d'une façon plus ou moins consciente, les commandes de son Evolution, l'homme s'organise en vastes ensembles urbanistiques qui ne se contentent plus d'essayer de refléter la cité des dieux (église au centre) ou le paradis, mais qui veulent être simplement Terre des Hommes.

En polarisant l'attention de l'homme sur la plupart des activités humaines, en prouvant sa valeur par son efficacité, en venant peu à peu à bout des critiques infantiles qui lui viennent de théologies incapables de démêler leur floi des structures socio-culturelles dans lesquelles elle était incarnée, la SCIENCE apparaît peu à peu comme l'Avenir de l'homme, tandis que la RELIGION semble le refus des valeurs du passé (musée).

 

C'est particulièrement grave à une époque dynamique comme la notre, où l'homme, plus que jamais, est tourné vers son AVENIR.

 

En évacuant l'explication "DIEU" de la plupart des domaines, la science donne des phénomènes une explication EFFICACE, elle habitue l'homme à ne compter que sur lui-même et semble rendre inutile le recours à Dieu, voire Dieu Lui-même.

 

Ainsi, ces deux facteurs, "CULTE DE LA RAISON", "CIVILISATION TECHNIQUE" se sont conjugués pour susciter peu à peu ce divorce douloureux, ressenti par tant de chrétiens entre l'intelligentia du monde actuel et eux.

 

Éprouvant de moins en moins le besoin de Dieu, dans le quotidien de ses actes, l'homme moderne est un être, non pas irréligieux mais souvent a-religieux ; Dieu ne l'intéresse pas, il s'en passe fort bien.

 

L'ensemble de ces processus a reçu des noms différents selon la conception de ceux qui voulaient la désigner : déchristianisation, pour le chrétien traditionnel  - mais je pense qu'il vaudrait mieux parler de non-christianisation, car notre foi, exprimée en un langage pré-rationaliste et pré-scientifique, n'a pas été reniée par l'homme actuel, il s'est élevé en dehors d'elle.

 

Ce sera pour le marxiste, par exemple, libération de préjugés rétrogrades.

 

Enfin, un terme plus essentiel, parce que utilisé à la fois par croyants et incroyants ; celui de la sécularisation. Pour le théologien Van Peursen, c'est le moyen par lequel l'homme se délivre peu à peu du contrôle exercé par la religion sur son langage.

 

On peut aussi dire que sécularisation s'oppose à une certaine sacralisation qui retire certaines réalités du profane pour les consacrer au divin. La sécularisation tend à nier tout autre sens aux réalités que celui qu'elles revêtent dans l'usage le plus ordinaire. C'est aussi le refus de l'hypothèse "DIEU" en politique, culture, économie... etc...

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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