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Publié par BALCHOY

 

 

Aussi la première intervention laisserait-elle espérer une autre où l’idéal humain allait se réaliser en plénitude, grâce à l’irruption miraculeuse du Christ ici-bas. Cette « recréation » élève la condition humaine à un niveau supérieur à la situation originelle. La marge qui sépare ces deux formes de dons divins apparaît bien dans ce texte de Dostoïevski :

 

-         « Dieu a créé et l’univers et la loi et a accompli encore un    miracle. Il nous a indiqué sa loi dans le Christ. (1)

 

(1)   Carnets des Démons, page 910

 

Ces deux étapes offrent un moyen valable mais inégal d’atteindre sa fin personnelle, c'est-à-dire de retourner à Dieu par le Verbe en se réalisant pleinement. Durant l’ancienne Alliance, le fidèle connaissait déjà le chemin à suivre, mais le résultat atteint restait limité et surtout ardu. Après bien des errements, on découvrit la nécessité de l’amour du prochain, non la force de le réaliser en plénitude. Mais tout changea, lorsqu’il devint possible d’entrer en contact personnel avec l’idéal humain personnalisé en Jésus.

 

Il est temps de considérer la Christologie dostoïevskienne.

 

 

c) Le Christ libérateur et Sauveur de l’homme.

 

« Le mythe chrétien de l’Incarnation de Dieu, crucifié et ressuscité, n’a pas seulement imprégné l’âme de Dostoïevski, mais il a influencé toute son œuvre, depuis « Les pauvres gens » jusqu’aux « Frères Karamazov ».

Il est impossible de comprendre à fond un seul roman de Dostoïevski en ne tenant pas compte de ce mythe, qui pour l’écrivain n’a jamais été ni pu être un principe abstrait ou une fiction juridique. Pour l’écrivain russe, ce mythe était réalité. » (2)

 

(2)   Georges Tchoulkov : Le dernier mot de Dostoïevski sur Biélinsky (en russe) dans « DOSTOÏEVSKI, recueil publié à Moscou en 1928.

 

 

Le témoignage de Georges Tchoulkov offre de sérieuses garanties d’objectivité, puisqu'il émane d’un critique soviétique et fut publié à Moscou en 1928. De fait, la place que le Christ occupe dans l’univers de Fédor Mikhaïlovtich est si importante qu’elle semble parfois éclipser Dieu, même si la théologie était chez lui une discipline dépendante de la Christologie. Seul le Fils révèle parfaitement le Père, seule l’image idéale nous laisse percevoir la perfection ineffable du Modèle.

Tchoulkov a raison de souligner l’importance de ce qu’il appelle dédaigneusement le mythe de l’Incarnation. Peut-être cependant va-t-il trop loin ? Autre chose est l’admiration éperdue que ressentait Dostoïevski devant la figure de Jésus, autre chose la Foi au dogme du Verbe fait chair. Il est difficile de soutenir, preuves à l’appui, que le « Christ » des années « quarante » est bien celui que confesse l’Eglise orthodoxe.

Un examen attentif des premières œuvres, « LE DOUBLE », le « ROMAN EN NEUF LETTRES » confirmera cette réserve. Le mot « CHRIST s’y trouve assez fréquemment, mais il ne s’agit le plus souvent de formules routinières, sans grande portée religieuse. Ce n’est qu’à partir du « CARNET DE MACHA » que le ton change. Les propos concernant « l’homme Dieu sont empreints de sérieux.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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