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Publié par BALCHOY

 

 

« J’avais tout compris, tout dès le premier regard ! C’était ici la terre avant qu’elle ne fut souillée par le péché originel : ses habitants ne connaissaient point le mal, vivaient dans le même paradis où, d’après les traditions de l’humanité entière, vécurent nos coupables ancêtres. » (1)

 

(1)   « Journal d’un écrivain », avril 1877, page 522-524.

 

La communion au grand "Tout" est pour cette humanité innocente une vue si immédiate, si évidente qu’ils n’éprouvent aucun besoin de la conceptualiser, comme si, confusément, ils ressentaient l’ambiguïté et la trahison qu’introduit. le langage en ce domaine transcendantal :

 

 

« Il me comprirent à peine quand je les interrogeai sur la vie éternelle ; mais on voyait bien que sans s’en rendre compte, ils étaient si sûrs que la question ne se posait même pas. Ils n’avaient point de temple et vivaient dans une sorte de communion incessante avec le grand « TOUT » ; ils n’avaient point de religion, par contre ils savaient que lors qu’ils seraient comblés des joies de la terre jusqu’aux limites de notre nature terrestre (2) alors pour eux, vivants ou morts, le contact se ferait encore plus vaste avec le grand « TOUT ». Ils attendaient cet instant avec joie, sans hâte ni nostalgie, plutôt comme s’ils le possédaient déjà par les pressentiments de leurs cœurs et ces pressentiments, ils ne se lassaient pas de se les communiquer l’un à l’autre. »

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(2)   Dostoïevski emploie ici le terme « PRIRODA », cf. Cette étude page….

(3)   « Journal d’un «écrivain », avril 1877, page 522-524. Ce récit fantastique empreint d’un certain panthéisme n’est pas bien entendu un simple rappel de la Genèse. Il n’empêche que celle-ci constitue l’arrière-fond du conte. »

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Mais cette harmonie ne se prolonge guère au-delà de l’arrivée de « l’homme ridicule » qui introduisit dans ce monde mystérieux le principe du mal :

 

« Ils apprirent à mentir et se complurent dans le mensonge…Peu après naquit la volupté, la volupté engendra la jalousie, la jalousie, la cruauté… Le sang jaillit…

Ils se mirent à maltraiter les bêtes et les bêtes s’éloignèrent pour gagner le fonds des forets et elles leur devinrent hostiles.

Une ère de lutte s’ouvrir en faveur du particularisme, de l’individualisme, de la personnalité, de la distinction du mien et du tien. Il y eut diversité de langage. La science fit chez eux apparition. Devenus méchants, c’est alors qu’ils inventèrent la justice et des codes complets pour la conserver. »

 

(4)   « Journal d’un écrivain » : Songe d’un homme ridicule », avril 1877, page 526.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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