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Publié par BALCHOY

a ) LIBERTE DIVINE ET LIBERTE HUMAINE


 

 

Une certitude plus intuitive que rationnelle n’a jamais quitté Dostoïevski. L’homme est libre et la vie vaut la peine d’être vécue en dépit de toutes les apparences ; elle ne débouche pas sur le néant, car il existe un monde supérieur qui fonde et valorise la réalité terrestre.

 

Sa déception finale devant le panthéisme idéaliste, puis surtout devant l’athéisme pratique ou théorique n’a pas d’autre raison. Si le Christianisme orthodoxe entraîne finalement son adhésion, c’est que son optimisme foncier y trouvait son compte.

 

En Christ, la grandeur et la liberté de Dieu rejaillissent sur l’homme. Est-ce dire tout lui semble facile à ce sujet ? Sûrement pas !

Comment peut-on concilier l’affirmation que le monde est pur fruit du « vouloir divin », n’existant que grâce à son énergie infinie et par ailleurs la liberté de l’homme ?

 

Notre liberté est-elle réalité ou simple apparence masquant la complexité des lois de nécessité qui nous gouvernent à notre insu ?  En revanche, si nous sommes réellement maîtres de notre destin, comment éviter la conclusion athée qu’en tirera un philosophe comme Sartre. Tel est le dilemme tragique de notre écrivain.

 

Mais que représente cette mystérieuse liberté divine ?  Kirilov en fait un arbitraire et Paul Evdokimov semble lui donner raison, en faisant allusion au caractère absolu de la liberté de Dieu qui se pose elle-même ayant la priorité sur les valeurs ontologiques, morales ou esthétiques. (1) Peut-être la faiblesse de notre intellect nous fait-elle apparaître comme capricieuse à notre point de vue ce qui ne l’est nullement au plan divin. Cette ambiguïté insoluble nous invite à emprunter une autre piste.

 

L’Amour est le couronnement de l’Être ; aucune personne ne peut s’épanouir sans lui. Si donc la liberté suprême est celle que nous a révélée le Christ, elle s’identifie à cet Amour. Or caprice et amour sont bien difficilement conciliables. Mieux vaut renoncer à qualifier d’arbitraire le liberté divine puisque Dieu est l’origine même de toute valeur et parler de Liberté aimante du Dieu Père que nous a présenté le Christ.

 

 

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Paul Evdokimov, « Le problème du mal chez Dostoïevski », page 124.

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Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http;//poete-action.ultim-blog.com

 

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