Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par BALCHOY

 

 

CHAPITRE I : DIEU SELON DOSTOÏEVSKI

 

 

Il n’est pas facile de définir la pensée théologique du grand romancier russe. Elle s’est plus d’une fois transformée au cours de sa vie.

 

De l’idéalisme teinté de panthéisme de sa jeunesse à l’idéalisme chrétien des « Frères Karamazov », il y eut le lent retour à la Foi orthodoxe qui allait corriger, transfigurer et compléter ses convictions passées.

 

Il est d’autant plus difficile de retrouver l’origine de ses convictions idéalistes que son esprit critique le poussait à transformer ses sources.

 

Il subit sans conteste l’influence du naturalisme ondoyant et du vague panthéisme d’un Schiller.

 

Ce n’est, semble-t-il, qu’à travers l’œuvre du grand poète allemand qu’il aborda l’idéalisme allemand, en particulier la Natuurphilosophie pour qui la nature est la manifestation de l’esprit formant un tout organique plein de vie et pour qui tout être est force vivante.

 

On retrouve chez Dostoïevski un peu du panthéisme moral d’un Fichte aux yeux de qui le « saint », le « beau » , le « bon » sont l’apparition immédiate en nous de l’amour de Dieu, conformément, pense-t-il, au prologue de Saint Jean.

 

Pour Fédor Mikhaïloviotch, Dieu est aussi le « TOUT »,  d’où découle la totalité de l’existant, comme chez Shilling et tout est en Dieu, comme chez Krause. On peut même le rapprocher des conceptions de Herder concernant l’humanité, image de Dieu sur terre, qui ne peut se réaliser que partiellement ici-bas.

 

Quant à Hégel, dont l’influence était tout puissante dans la Russie de 1830, il ne l’a guère marqué. Le « Carnet de Macha », semble en avoir subi l’influence, mais il est plus que probable que ses sources appartiennent plutôt au patrimoine russe. (1)

 

(1) Cf. la comparaison avec Tchaadaev en cette étude, page….

 

 

Au sortir du bagne, il réclame passionnément la « Philosophie de l’histoire » de Hegel, mais il ne se rallie pas pour autant aux thèses du philosophe.

 

Le rationalisme et le quasi-culte de la nécessité ne le séduisent nullement.

 

La lecture des Pères de l’Eglise et de la tradition orthodoxe lui fait découvrir un autre idéalisme, répondant mieux aux problèmes qui l’angoissaient. Cette pensée religieuse s’enracinait profondément en lui, puisqu’elle remontait à son éducation familiale.

 

En retrouvant le caractère transcendant de la personne du Christ, il revint au Dieu-Père  de son enfance « qui ressent de la joie pour les hommes, ses créatures, pensée si profonde, si pénétrante et si religieuse qui exprime l’essentiel du message chrétien. » (2)

 

(2) « L’Idiot », page 269

------------------------------------------------

A la veille de sa mort, le courant idéaliste et le doctrine orthodoxe s'unifieront harmonieusement en lui. Le Dieu de la vie et de la joie, cher au disciple de Schiller est le même que le Dieu Père que nous envoie son Fils Jésus pour nous sauver.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article