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Publié par BALCHOY

 

 

Nous avons vu que le peuple russe a, aux yeux de Fédor Mikhaïlovitch, un charisme propre en vue de l’unification de l’humanité dans la liberté ; ce privilège ne lui a pas été départi arbitrairement, mais il est du avant tout à sa fidélité exemplaire au Christ. La Russie ne doit cependant pas tirer orgueil de son « élection ».

 

 

     -« Chaque peuple là-bas (1) pratique le « quant à soi », tandis que nous-mêmes nous commençons à présent que notre heure est venue par nous faire les serviteurs de tous en vue de la conciliation universelle. Et nous n’avons pas à en rougir, bien au contraire ; c’est là qu’est notre grandeur, car nous aboutirons ainsi à l’union définitive de l’humanité. Celui qui veut être placé au-dessus de tous dans le Royaume de Dieu, qu’il se fasse le serviteur de tous ! Voilà comment je comprends la prédestination russe dans son idéal. » (2)

 

Il s’agit des peuples occidentaux.

 « Journal d’un écrivain, juin 1876, page 339

 

 

Enfin Dostoïevski croit de plus en plus fermement que le bonheur de l’individu n’est conciliable avec celui de la communauté que dans la perspective évangélique.

 

     -« Tout le bonheur consiste à sacrifier tout au prochain ; le bonheur du prochain est tout mon bonheur et ainsi tous seront heureux dans la société future. » (3)

 

« Carnets des démons », page 979. Cette pensée semble être inspirée d’un article de revue, car elle est accompagnée de la notation suivante : Florevski, l’Age d’or, l’Aube, janvier.

 

La volonté humaine ne vit que dans la mesure où elle accepte de mourir, elle ne reçoit que dans la mesure de son don.

 

Pourquoi ce curieux paradoxe, si contraire à tout ce que nous fournit notre expérience du monde matériel.

 

En se confiant au seul plan de l’immanence, il nous paraît impossible de donner un vrai sens à l’existence humaine. Si l’homme était un pur animal terrestre, né de la fusion d’une nature inerte et d’une volonté aveugle, il ne pourrait s’enrichir qu’en s’appropriant le plus possible ce qui lui est étranger et il s’appauvrirait en revanche en renonçant à s’affirmer.

 

Si le contraire est vrai, c’est qu’il existe en lui un principe immatériel dont les caractéristiques sont à beaucoup d’égard l’antithèse de celle de la vie animale, puisque le don y est la voie de l’appropriation.

 

La personne humaine s’ouvre donc à un donné transcendantal et subsiste en connexion étroite avec le monde spirituel et divin.

 

Cette dimension religieuse est d’autant plus importante, chez Dostoïevski, qu’il n’est jamais arrivé à considérer le « terrestre » en l’homme comme un « tout » autonome, refusant la dichotomie si affirmée en son temps du naturel et du religieux.

 

 

Ainsi, comme le Christ l’a dit et l’a surtout vécu, pour recevoir tout, il faut tout donner. La seule voie qui mène à la liberté-maîtrise de soi résulte du respect par chacun de sa nature d’image (icône) de Dieu et de la reconnaissance du caractère Christophore de tous ses frères, même les plus dévoyés.

 

Le Christianisme apparaît donc ainsi comme le principe libérateur suprême.

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