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Publié par BALCHOY

Dostoïevski envisageait bien le triomphe d’un communisme à l’image de ses phantasmes mais surtout pas en Russie :

 

     -« Lorsqu’en Europe, ne serait-ce qu’ en conséquence de son exiguïté, sévira l’inévitable et humiliant communisme que les Européens eux-mêmes abhorrent, lorsque des foules s’entasseront autour de l’unique foyer qui aura subsisté, (1) que petit à petit se seront dégradés les propriétés et que les familles auront quitté leur refuge pour vivre en communauté ; lorsque les enfants (pour les trois quart abandonnés) seront élevés dans des maisons d’éducation – alors, chez nous, ce seront l’étendue et l’espace, les forêts et les champs ; nos enfants grandiront auprès de leur père, non dans des prisons de pierre, mais parmi des jardins et des champs emblavés avec au-dessus d’eux le ciel pur. » (2)

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« Ne croirait-on pas se trouver en présence du tableau d’un monde « atomisé »

 Cité par Nina Gourfinkel : « Dostoïevski, notre contemporain » page 109-110 : « Journal d’un écrivain », janv. 1881.

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Un tel texte, dressant à travers sa vision apocalyptique renversée le tableau d’une Russie libre face à une Europe « communiste » laisse bien apparaître la précision du génie intuitif du romancier et ses limites, spécialement quand il tente de « réaliser » ses intuitions.

 

 

3)  L’EGLISE

 

 

Il fallait un certain courage pour rapprocher la notion d’Eglise de celle du peuple en Russie. Les esprits « forts » de ce XIX ème siècle refusaient évidemment de reconnaître dans le « peuple » pécheur et souvent corrompu une valeur authentiquement religieuse. Pour la plupart des intellectuels le foi des gens simples n’était qu’un vernis superficiel dissimulant une athéisme pratique.

 

Il est vrai que la mentalité occidentale se sentait aussi mal à l’aise devant l’ecclésiologie dostoïevskienne si peu sensible à l'aspect hiérarchique au sein du peuple de Dieu. Beaucoup de critiques catholiques (3) ont pour ce motif reproché à l’auteur des « Frères Karamazov » d’avoir désincarné la notion d’Eglise (4)

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Notamment Jacques Madaule et Romano Guardini ainsi que Xavier Tilliette, voir cette étude, page….

 Jamais cependant, Dostoïevski n’a nié le principe d’autorité dans l'institution écclésiale. « Nos prêtres aussi se réveillent, donnent des signes de réviviscence. Nous avons la joie de lire que nos évêques adressent des mandements à leur clergé en vue de la prédication et du bon exemple…Notre prêtre n’est pas un fonctionnaire. Ne prêche-t-il pas la même grande vérité qui doit régénérer le monde. » (Journal d’un écrivain, 1873, page 165 n° 10)

 

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Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

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