Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par BALCHOY

CHATOV

Tout peuple n’est un peuple que tant qu’il possède son propre dieu et nie sans compromis tous les autres dieux. Si un grand peuple cesse de croire qu’il est le seul capable grâce à sa vérité de sauver les autres peuples, il cesse aussitôt d’être un grand peuple et devient une simple matière ethnographique. Un peuple vraiment grand ne se contente jamais d’un rôle secondaire dans l’humanité, ni même d’un rôle de premier plan : ce qu’il lui faut, c’est toute la première place, le rôle unique. Le peuple qui perd cette foi n’est plus un peuple

« Les démons »,p. 266-267

DOSTOÏEVSKI

Tout grand peuple croit et est tenu de croire – pour peu qu’il veuille vivre longtemps – que c’est en lui seul qu’est renfermé le salut du monde, qu’il vit pour se placer à la tête des peuples…les englober tous en lui-même et les conduire en parfaite harmonie vers le but définitif qui leur est assigné.

 

« Journal d’un écrivain », janv. 1877

 

 

 

 

La comparaison est éloquente. Chatov, semble-t-il, ne dit rien substantiellement de plus que le « Journal d’un écrivain ».

L’état passionné que lui attribue l’auteur suffit à expliquer la formulation inadéquate de ses idées. Ainsi le polythéisme apparent qu’il professe n’est qu’une prise de conscience maladroite du caractère original de l’appréhension de Dieu en chaque peuple.

 

Chaque peuple vraiment vivant doit se croire l’unique salut pour tous ; c’est même pour lui une question de vie et de mort ; mais la vérité objective ne pouvant être qu’une, il n’y a par conséquent parmi toutes les nations qu’une seule qui détienne le vrai Dieu, « si puissants que soient les dieux des autres peuples ». (1)

  --------------------------------------------------------------

(1)cf. cette étude page …

  ----------------------------------------------------------

Ce seul peuple théophore est le peuple russe. Cette conviction de Dostoïevski rejoignait celle de tous les slavophiles. (2)

  ---------------------------------------------------------------

(2) Le peuple russe, selon Dostoïevski, c’est le peuple porteur de Dieu, précisément parce qu’il détient en lui cette idée de fraternité humaine. (Sources et sens du communisme russe de Nicolas Bediaëv, page 168

----------------------------------------------------


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article