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Publié par BALCHOY

 

 

 

Sans le respect de ces tensions nécessaires que sont l’autonomie de la personne et son ouverture à autrui, son intériorité et son extériorité, son caractère individuel et communautaire, la personnalité s’évanouit au profit de l’individu, simple élément anonyme d’un quelconque système social.

 

Dostoïevski ne se contente pas d’affirmer la réciprocité des sujets personnels et l’importance irremplaçable des contacts avec autrui dans la vie personnelle. Poussant plus loin sa réflexion, il souligne que le « moi » n’est pas l’entité complète qu’il parait au premier abord. Indispensables les uns aux autres, les sujets ne s’additionnent pas en unité mais forment des « tout » organiques que sont bien plus que l’ensemble de ceux qui les constituent. (1) Pour qu’un sujet se réalise en plénitude, il lui faut surmonter l’isolement du « pour soi », initialement nécessaire pourtant, afin de rencontrer l’autre saisi comme un « toi », se donner

 

 

 

 à lui et retourner à soi dans l’unité « supra-essentielle » du « nous ».

(2) seul pluriel qui convienne à un ensemble de sujets personnels authentiques.

 

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(1) Léon Zander note à ce propos que Dostoïevski refuse une définition négative de la personne. Au "moi" ne s'oppose pas le "non-moi", mais le"toi", Cf. Dostoïevski :"Le problème du bien", page 108

(2) Cf Paul Evdokimov, ouv. cité, page 122 ; le critique russe voit cet enseignement dans l'appel à l'amour du fameux testament du paradis que clôt "Le songe d'un homme ridicule."

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Lorsqu’il l’envisage, la famille, la nation ou même l’humanité toute entière, Fédor Mikhaïlovitch considère avant tout l’unité ontologique de ces groupes, qui ont à ses yeux une valeur en soi, indépendamment de leurs éléments constituants, sans d’ailleurs priver ceux-ci de leur originalité ni de leur fin propre.

 

L’esprit synthétique du grand écrivain ne pouvait se résoudre à limiter au seul univers personnel cette solidarité ; il lui assignait comme champ d’action le cosmos tout entier, en vertu de l’unicité originelle de tous les êtres en Dieu. On retrouve ce souci d’universalité dans les souvenirs du starets Zossime :

 

     -« Mon frère demandait pardon aux oiseaux, cela semble absurde, mais c’est juste, car tout ressemble à l’océan où tout s’écoule et communique ; on touche à un endroit et cela se répercute à l’autre bout du monde. Admettons que ce soit une folie de demander pardon aux oiseaux, mais les oiseaux et l’enfant et chaque animal qui vous entoure se sentiraient plus à l’aise, si vous-mêmes vous étiez plus dignes que vous ne l’êtes actuellement si peu que ce soit. » (3)

 

 

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(3) Les frères Karamazov", page 344

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( à suivre) 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

        http://poete-action.ultim-blog.com

 

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