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Publié par BALCHOY

 

CHAPITRE IV : LA PERSONNE DANS SA DIMENSION SOCIALE.

 

Le problèmes de la nature des relations humaines est un de ceux qui ont le plus préoccupé Dostoïevski.

 

Doté d’une nature peu sociable, il fera partie, toute sa vie durant, de ceux dont le contact est difficile et pénible pour lui et pour les autres. Mais précisément, un homme tel que lui est aiguillonné  par tout ce qui lui semble un défi irréalisable, comme, par exemple, la volonté passionnée de percer le mystère de la rencontre de l’autre.

 

Déjà dans le « Carnet de Macha », il dénonce toute solution sociale basée sur la nature de l’homme laissée à ses propres forces. Le moi, constate-t-il, est naturellement une force centripète, donc égoïste (1)

 

 

 

 

Autrui lui est un simple moyen de se saisir. Aussi le bonheur de l’autre compte-t-il peu à ses yeux : il lui arrive même fréquemment d’établir sa propre réussite et sa supériorité sur l’asservissement de ses semblables. Comment ne remarque-t-il pas qu’en avilissant ses frères, il s’abaisse lui-même.

 

D’autres, aspirant à prendre au maximum leurs distances par rapport aux autres, préfèrent se retrancher orgueilleusement dans leur tour d’ivoire. Ils prétendent goûter la plénitude de la vie « conformément au droit jaloux de la personne » Mais voulant n’amasser des richesses et des droits qu’à leur seul profit, ils s’enlisent progressivement dans une impuissance fatale. Ces malheureux ne croient pas en effet qu’à ne compter que sur eux-mêmes, ils se détachent de la collectivité et de la solidarité qui lui est attachée. (2)

 

 

 

Il est encore possible de renoncer à sa dignité personnelle non plus en « donnant », mais en abdiquant son moi face à autrui, en se laissant traiter par lui comme un simple objet – attitude aussi dégradante que les précédentes.

 

Particulièrement sensible à la solidarité qui unit les sujets personnels. Dostoïevski refuse de voir en eux des « monades » fermées sur elles-mêmes. Comme le rappelle Camille Motchoulski à propos de notre auteur, il n’est pas de conscience solitaire : la conscience est toujours en relation avec toute l’humanité, elle est communautaire. (3)

 

 

 

La vraie garantie de l’individu réside dans le sacrifice de sa personne au prochain ; cet abandon ne constitue pas une capitulation car il s’inspire toujours de la force que procure l’humble amour et suppose le consentement actif de la volonté. Ecœuré par ses échecs personnels, le romancier doute longtemps de la possibilité réelle de ce don total qui constitue l’essence même de l’amour. Mais peu à peu, il prend conscience qu’avec le Christ, le vrai amour est entré dans le monde et que dès lors il devient le but effectif à réaliser par chacun. Il faut donc dépasser l’alternative, moi égoïste et moi esclave, amour de soi ou d’autrui pour en arriver à l’amour de l’autre comme soi-même.

 

(à suivre)

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

   http://poete-action.ultim-blog.com

 

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