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Publié par BALCHOY

 

 

Dès que le refus lui a permis de naître, la liberté initiale doit le dépasser afin de réaliser sa fonction. Lorsqu'elle prétend gouverner la personne en lieu et place du "moi réfléchi", elle devient une force de destruction personnelle. En entrant en conflit avec la réalité environnante, le malheureux révolté porte atteinte à lui-même, en vertu des relations multiples qui unissent l'homme au cosmos.

 

En se faisant "dieu" il n'est plus à même de discerner les valeurs qui sollicitent son acquiescement et surtout Dieu Lui-même, qui n'est pas seulement l'autre, mais aussi Celui vers lequel tout son être est naturellement ("NATOURA") tendu et duquel il dépand existentiellement, même s'il n'a nullement conscience. Se figeant dans le refus de l'être qui seul pourrait le stabiliser dans du positif, la volonté humaine se disperse devant l'infini des possibilités qui se présentent à elle, faute de critères pour les hiérarchiser. Elle s'écarte du même coup de son idéal, se prétendant autre qu'elle n'est et sombre ainsi dans le dédoublement de la personnalité. (1)

 

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(1) Stavroguine dit à propos de lui-même : "Je ne suis capable que de négation, sans la moindre grandeur d'âme, sans force ; chez moi, la négation même est mesquine ; tout est plat, flasque. (Les démons, page 704)

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Ainsi la liberté première, abandonnée à elle-même, sans référence extrinsèque, empêche ou du moins entrave la naissance de la liberté finale ; en rendant impossible l'acception intégrale de soi, le révolté détruit la liberté humaine en privant la personne de son unité et de son harmonie.

 

 

C) DU REFUS AU CONSENTEMENT

 

Si le refus peut sembler une mise à distance du réel , nécessaire pour éviter de s'y engluer, il doit normalement déboucher sur le "consentement" qui rend possible la découverte de tout le positif de la réalité.

 

Cet émerveillement devant se propre condition, devant le monde, devant Dieu est aussi indispensable que la réserve initiale, il éveille dans le coeur de l'homme le besoin de faire sienne cette beauté, cette beauté qui l'entoure. Le désir qui en résulte est comme un ressort qui projette l'homme au-delà de lui-même et le fait vivre intensément.

 

La tentation est grande de s'approprier jalousement ce réel merveilleux, de le vouloir tout entier pour soi ; si la volonté y succombe, elle ne tarde pas à se rendre compte que ce mouvement d'appropriation lui perdre au fur et à mesure qu'il se réalise. (2)

 

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(2) De là ces remarques de l'auteur du "Sous-sol" : "L'homme est un être versatile et il se peut que, semblable au joueur d'échec, il n'aime que l'action même et non le but à atteindre. Et qui sait ? (On ne peut s'en porter garant) il se peut que le seul but vers lequel tende l'humanité ne consiste que dans cet effort, dans cette action ; autrement dit , la vie n'aurait pas de but extérieur, lequel but ne peut évidemment être que:  "deux fois deux :quatre" c'est à dire une formule; or "deux et deux : quatre", messieurs est un principe de mort et non un principe de vie. En tout cas, l'homme a toujours craint ce "deux et deux font quatre" et moi aussi, j'en ai peur. ("Le Sous-sol", page 712)

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(à suivre)


Yvan Balchoy
yvanbalchoy13@gmail.com
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g.com  

 

 

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