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  • BALCHOY
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  • 13/02/1936
  • BRUXELLES HAINAUT ROUBAIX
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 10:12

Tragique situation qui n'est pas sans rappeler celle dont parlait Saint Paul : on est tout surpris de ne pouvoir réaliser le bien désiré alors même qu'on se surprend à commettre le mal qu'on croit haïr. "L'adolescent" subit cet écartèlement interne :

      "Certaines de mes décisions, quoique prises avec une conscience lucide pouvaient alors ne pas avoir la moindre logique interne. Bien plus, je me rappelle fort bien que je pouvais à certains moments avoir parfaitement conscience de l'absurdité d'une décision et entreprendre sur-le-champ très consciemment sa mise à exécution. Oui, le crise me guettait cette nuit-là, et c'est seulement par hasard qu'il ne s'accomplit pas." (1)

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(1) "L'Adolescent", page 360
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Conséquence directe de ce dualisme, une dissociation éclate entre l'intelligence et le coeur. La vérité de l'être, atteinte par la première, semble coupée du monde des valeurs mis au jour par le second ; il devient impossible de restituer à la réalité son unité existentielle et d'unifier son comportement intellectuel et affectif. Qu'on se réfère à cette affirmation de Stavroguine :

     -"Si jamais j'avais volé, la conscience de ma propre bassesse m'aurait fait goûté une jouissance enivrante. Ce n'est pas le crime en lui-même que j'aimais (mon intelligence en ce cas ne se trompait pas) mais cette joie que me donnait la conscience de ma propre bassesse."(2)

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(2) "Les démons", page 209
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Quoi d'étonnant de voir affaibli et même perdu tout sens moral. Stavroguine reconnaît qu'il ne "sent" plus le bien et le mal et y voit le signe de sa condamnation (3)  Une telle ignorance paralyse son libre arbitre devenu une force absurde : elle s'épuise devant l'infini

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(3) Cf cette étude, page
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des possibilités sans attrait qui s'offrent à elle. Faute de valeurs, qui sont sa raison d'être, la volonté sombre dans l'angoisse et ne trouve d'autre moyen d'expression que le refus en bloc de toutes les valeurs. Le surhomme se condamne à être un révolté permanent contre tout (4)

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(4) Peut-être pourrait-on expliquer le comportement du révolté en s'inspirant de la voie psychanalytique ? Ne se punit-il pas de ne pas se mettre au service des valeurs ; il refuse son propre bien ne s'en jugeant pas digne. Emprisonné par son mépris, destructeur de soi et des autres, il ne se reconnaît pas lui-même dans le respect et l'amour et il agit de même vis à vis des autres; son dualisme interne vient de ce qu'à la fois il reconnaît les valeurs et les rejette effectivement, contradiction qui conduit à une sorte de dédoublement ou d'éclatement intérieur. On pourrait penser également ici au péché de désespoir où l'on n'accepte pas d'être soi-même ou le désespoir faiblesse de Söeren Kirkegaard, "Traité du désespoir" col. idées, page 115-141.
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(à suivre)


Yvan Balchoy
yvanbalchoy13@gmail.com
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Par BALCHOY - Publié dans : poesie-action
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