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Publié par BALCHOY


CHAPITRE III : DE L'INDIVIDU A LA PERSONNE OU LA LIBERTE HUMAINE.

Quel rôle joue la liberté dans l'éclosion et l'évolution des crises de la personnalité.

Rappelons brièvement l'antithèse entre ce qui, en nous, est soumis à la nécessité et tout ce qui lui échappe. Autrement dit,  nous parlerons d'abord de la PRIRODA (nature conditionnée) incluant tout ce qui dans l'homme est inclus originellement. On sait quel rôle prépondérant y joue la raison raisonnante (RASSOUDOK) (1)

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(1) Il ne faudrait pas identifier ce plan "naturel" aux éléments purement somatiques. Le terme "terrestre" au sens biblique ou patristique opposé à "spirituel" en est une traduction assez fidèle.
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A cette forme d'être que nous qualifierons de "statique" s'oppose en quelque sorte le plan de "l'agir volontaire" (VOLIA) essentiellement dynamique et créateur puisqu'il répond à une activité réellement indépendante. La faculté centrale en est la volonté ou le vouloir (KHOTENE) (2)

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(2) Cf cette étude, page...
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Nature et volonté (PRIRODA ET VOLIA), malgré leur irréductibilité, ne sont concrètement séparables qu'à la limite, c'est à dire au point précisément où se dissout la personnalité. Ce ne sera donc qu'en les réunissant qu'on obtiendra une image assez fidèle de la personne.

Cependant Dostoïevski n'hésite pas à les hiérarchiser. L'homme n'existe" que dans la mesure où il veut (3)

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(3) Vladimir Soloviev dit à la fin de sa quatrième conférence théandrique que "Chaque être est ce qu'il aime", idée proche de la pensée de notre auteur. Cf Les oeuvres complètes de Vladimir Soloviev, tome III, Saint Pétersbourg, page 57.
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Qoique non soumis à la raison le choix de la VOLIA n'est pas arbitraire. Si la volonté concourt à forger la personnalité, celle-ci intervient à son tour pour régler les impulsions volontaires. La volonté, loin d'être un but en soi,  est donc au service d'une liberté qui ne se conquiert qu'au prix d'une longue lutte. L'homme doit librement devenir libre. Selon la terminologie de Nicolas Berdiaev, la liberté initiale doit conduire à la liberté finale ; la liberté de choix à celle qui est harmonie personnelle.
Si la première (SVOBODNAÏA VOLIA) est nécessaire, elle n'a de valeur que comme moyen de dépassement. Prise pour fin, elle se détruit.

Au fur et à mesure que s'organise la personnalité réfléchie, la volonté subit une évolution qui est fonction directe de l'objet sur lequel elle se fixe. Elle peut se soumettre de son gré au "moi réfléchi". Sa dépendance en ce cas ne sera jamais servitude puisqu'elle est son propre acte. Si au contraire, elle opte pour son auto-affirmation, elle entre en conflit avec le réel et sa propre nature (NATOURA). Tel est le double destin qu'il nous faut à présent détailler.
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(à suivre)


Yvan Balchoy
yvanbalchoy13@gmail.com
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