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Publié par BALCHOY

 

 

Sans doute la Foi ne reconnaît-elle qu’un seul « moi » ontologique en l’Homme-Dieu. Mais puisque Jésus partage intégralement notre condition humaine, son unique « personne » divine doit bien se transcrire d’une manière ou d’une autre en son être humain et s’y adapter. Il est donc légitime de lui attribuer, comme le fait pratiquement Dostoïevski, (1)   une personnalité au plan psychique, informant naturellement une liberté correspondante.

 

(1)   Il suffit de se rappeler l’insistance sur la réalité physique et morale des souffrances subies par le Christ, la réalité de sa nature humaine concrète. Cf. cette étude page…

 

 

C’est elle qui nous intéresse évidemment ici. Nous chercherons à lui appliquer la notion dostoïevskienne de liberté, à partir des prémisses établies plus haut.

 

Rappelons d’abord que l’unité synthétique, que Dostoïevski attribue à l’Être divin, exclut toute tension entre réalité et idéal. En est-il de même pour Jésus ?

 

Oui et non, semble-t-il. En tant que « Verbe », sa liberté est celle même de Dieu. Mais tel n’est pas le cas ici, puisque c’est justement l’humain dont il est question.

 

Faisant partie intégrante de la création, le Christ renvoie à l’idée divine de l’homme, antécédent nécessaire du réel existant.

 

Jésus est une personne concrète, individualisée, profondément enracinée en un sol déterminé, à une période précise de l’histoire d’un peuple.

 

En revanche, un idéal est par définition une abstraction surmontant durée et espace.  Si cette distinction entre idéal et réalité n’était pas rigoureusement reconnue ici, chaque individu, en tendant à se réaliser, s’identifierait au seul et unique Jésus de l’histoire. Rien de tel chez notre auteur.

 

Ce premier point acquis permet de mieux mesurer l’écart qui sépare les formes divine et humaine de la liberté en Jésus. Encore ne faut-il pas forcer la note ? Pour le Christ, l’idéal humain n’est pas un but à atteindre.

 

En sa personne, réalité et idée divine se referment l’une sur l’autre ; aucun conflit ne peut surgir entre elles.

 

Le Christ est parfaitement ce qu'Il doit être ; Il est pleinement Lui-même, son « moi » spontané coïncide activement avec son « moi » réfléchi. Personne n’est plus maître de soi que Jésus de Nazareth, personne ne s’est davantage donné aux autres, personne donc n’est plus libre. Il est vrai que certains ont cru bon de priver le Maître de cette fâcheuse faculté qu’est la libre volonté, la possibilité concrète de choisir entre le bien et le mal, source si fréquente de péchés. Mais Dostoïevski prend trop l’Incarnation au sérieux pour succomber à cette tentation.

 

Le choix, rappelons-le, n’est pas une résultante de la volonté comme telle, mais il naît du caractère divisé de la nature humaine. Affaiblir la libre volonté de l’Homme-Dieu, c’est donc porter atteinte à sa nature humaine. (2)

 

(2)   Cf. cette étude, page…

 

 

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

www.poete-action.ultim-blog.com

 

 

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