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Publié par BALCHOY

 

 

On est tout proche ici de l’intuition Paulinienne suivant laquelle la création reconnaît implicitement la primauté du Christ.

 

Dans « Les Frères Karamazov », il fait dire à Zosime que le Christ « est aussi avec les animaux » et que toutes les créatures « gémissent inconsciemment vers Lui dans le mystère de leur existence sans péché (1)

 

(1)   « Les Frères Karamazov », page 316-317.

 

Autour de la personne de Jésus, le cosmos trouve son harmonie, que seul vient troubler le péché des hommes :

 

     -« Regarde le cheval ; noble animal, familier à l’homme, ou le bœuf qui le nourrit, couché et pensif. Considère leur physionomie, quel doux cœur, quel attachement à leur Maître qui souvent les bat sans pitié, quelle mansuétude, quelle confiance, on est ému de les savoir sans péché, car tout est parfait, excepté l’homme. » (2)

 

(2)   « Les Frères Karamazov », page 316-317.

 

Au tableau idyllique du monde harmonieux autour du Christ s’oppose le désordre cosmique introduit par le péché. Dostoïevski percevait surtout ce désordre dans la souffrance innocente et gratuite, celle des enfants martyrs, celle des animaux torturés par l’homme. La torture des animaux lui semblait le signe le plus visible de l’abîme qui sépare le monde paradisiaque et harmonieux du début, de l’univers chaotique et désordonné du présent.

Dans «Les Frères Karamazov, il note la dégradation imposée à l’animal par l’homme, cet animal si noble d’allure qui, maltraité, s’en va « tremblant, privé de souffle, d’une démarche saccadée, contrainte et honteuse. » (3)

 

(3)   « Les Frères Karamazov » page 31 et 315. Cf. également « Crime et Châtiment », page 97-101. Tout jeune encore, Dostoïevski vit un jour battre durement son cheval et il en fut profondément heurté. Nietzche, rappelons-le, fut frappé de folie dans des circonstances voisines de cette scène.

 

 

Pour vaincre le pessimisme engendré en son cœur par le spectacle de ce « symbole type du monde altéré par le mal" et reprendre conscience avec la bonté essentielle du monde, il faut se rattacher à l’innocence originelle, grâce au « bien », solide et plein de sens », qui nous unit à la Vie vivifiante du Verbe. (4) 

 

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(4) Dostoïevski : Literarische Schriften, ed. Piper, XII, Munich, page 304

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Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

www.poete-action.ultim-blog.com

 

 

 

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