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Publié par BALCHOY

 

 

Ghé, note-t-il, a beau se targuer de « réalisme », il n’aboutit en fait qu’à un

tableau mensonger, car il part d’une idée « à priori ». On ne s’explique pas en regardant son Christ si ordinaire l’étonnante fascination que Jésus exerçait sur ses disciples et les foules palestiniennes.

 

Ce n’est pas que Dostoïevski rejette toute forme de réalisme. (1)

 

(1)   Dostoïevski avait d’ailleurs sa propre conception du réalisme. Cf. cette étude, page….

 

Autrement, comment comprendre l’attirance équivoque qu’exerçait sur lui le tableau du Christ mort de Holbein, (2) et dont nous avons un écho dans « l’Idiot ».Les peintres ont, note-t-il, l’habitude de laisser sur le visage du Christ mort un reflet de sa surnaturelle beauté. Rien de tel dans le portrait du peintre allemand. Il y a là un cadavre humain portant l’empreinte de terribles souffrances qu'il a endurées. Son visage est d’une impitoyable réalité. Dostoïevski ne refuse pas cette vérité. Ce cadavre devait être, puisque Jésus a réellement souffert. (2)

Mais quel obstacle pour la foi que ce corps tuméfié, affreusement défiguré, couvert d’atroces et de sanglantes ecchymoses, les yeux ouverts de l’éclat vitreux de la mort. Ses disciples, devant un si horrible spectacle, comment ont-ils pu croire que leur Maître ressusciterait ? Quelle chose terrible que ces lois qui n’ont même pas fléchi devant Celui qui, pendant sa vie, avait subjugué la nature en disant : « Thalita  Cumi » et la petite fille s’était levée, « Lazare, sors » et le mort était sorti du sépulcre . Du tableau de Holbein, on retient malgré soi l’impression d’une force obscure, insolente et stupidement éternelle à laquelle tout est assujetti, et qui vous domine malgré vous. (3)

 

(2)   Cf. « L’Idiot » page 496, déjà cité en cette étude, page…

(3)   « L’Idiot », page 496-497

 

Si inattendu que soit la comparaison, la nature semble une énorme machine de construction moderne qui, sourde et insensible, aurait stupidement happé, broyé et englouti l’Être le plus merveilleux qui soit. » Et Dostoïevski de poursuivre plus audacieusement :

 

     -« Si le Maître avait pu voir sa propre image à la veille du supplice, aurait-il pu marcher au crucifiement et à la mort, comme il le fit ? C’est une question qui vous vient involontairement à l’esprit quand vous regardez ce tableau. » (4)

 

(4)   « L’Idiot », page 496-497

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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